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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 14:40

 

Le casanier et craintif Bilbon Sacquet (Bilbo Baggins dans la version anglaise) ne le sait pas encore, mais il doit devenir un grand cambrioleur et aider les nains à  récupérer leur trésor dans le repaire du dragon Smaug …..

Le ton enfantin n’est qu’une apparence trompeuse dans ce récit de Tolkien nous contant le voyage initiatique d’un hobbit qui de prime abord ne ressemblait à rien.

« Bilbo le Hobbit » fut écrit par Tolkien bien avant le « seigneur des anneaux ».  Au départ il s’agissait d’une histoire que Tolkien racontait à son fils le soir pour l’endormir. Pourtant  « Bilbo le Hobbit » regorge de symboliques et autres sens cachés…. 

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j’avais lu cette édition là du récit   (source image darkriketz.cowblog.fr )

Résumé de l’histoire (attention, il y a  des moments clés de l’intrigue, y compris sa fin que tout le monde connaît depuis belle lurette)

(source du résumé : « wikipédia »)

« Le hobbit Bilbo BessacN 1 (Bilbo Baggins) mène une existence paisible dans son trou de Cul-de-Sac (Bag End) jusqu’au jour où il croise lemagicien Gandalf. Le lendemain, il a la surprise de voir venir prendre le thé chez lui non seulement Gandalf, mais également une compagnie de treize nains menée par Thorin Lécudechesne (Thorin Oakenshield) et composée de Balin, Dwalin, Fili, Kili, Dori, Nori, Ori, Oin, Gloin, Bifur, Bofur et Bombur. La compagnie est en route vers la Montagne Solitaire, où elle espère vaincre le dragon Smaug, qui a jadis dépossédé les nains de leur royaume et de leurs trésors. Cependant, pour mener à bien leurs projets, il leur faut un expert-cambrioleur, et Gandalf leur a recommandé Bilbo. Celui-ci est plus que réticent à l’idée de partir à l’aventure, mais il finit par accompagner la troupe.

En chemin pour les Montagnes de Brume (Monts Brumeux), la compagnie est capturée par trois trolls, et ne s’en sort que grâce à l’astuce de Gandalf. Le magicien, connaissant le point faible de ces créatures, les distrait jusqu’à l’aube, moment où ils se transforment en pierre sous l’effet de la lumière du soleil. Dans le repaire des trolls, la compagnie découvre des épées de l’ancien royaume elfique de Gondolin. Thorin et Gandalf prennent chacun une épée, tandis que Bilbo reçoit une dague qu’il baptise par la suite Dard. Peu après, la compagnie atteint Fendeval(Rivendell), la demeure du semi-elfe Elrond, qui les aide à déchiffrer la carte du trésor de Smaug et les inscriptions runiques des épées.

 

 

Une fois dans les Montagnes de Brume, une tempête oblige la compagnie à se réfugier dans une caverne pleine de gobelins qui les prennent en chasse. Dans la confusion, Bilbo perd ses compagnons de vue. Après avoir découvert un mystérieux anneau, le hobbit parvient sur la berge d’un lac souterrain, où vit une créature nommée Gollum. Celui-ci le soumet à un jeu d’énigmes : si Gollum l’emporte, il pourra manger Bilbo ; dans le cas contraire, il conduira le hobbit jusqu’à la sortie. Bilbo remporte le concours en se demandant involontairement à haute voix « Qu’est-ce qu’il y a dans ma poche ? », question à laquelle Gollum ne parvient pas à répondre. Celui-ci n’a aucune intention de remplir sa part du marché et part à la recherche de son anneau pour tuer Bilbo, qui découvre que l’objet lui confère l’invisibilité lorsqu’il le passe au doigt. Grâce à lui, le hobbit parvient à s’enfuir des grottes et à rejoindre ses compagnons. Ils sont à nouveau pourchassés par un groupe de gobelins et de wargs, mais l’intervention des aigles géants leur permet de s’en sortir vivants.

La compagnie descend des montagnes et arrive à la demeure de Beorn, un homme qui peut se changer en ours. Beorn leur prête des armes et des poneys pour qu’ils puissent rejoindre la forêt de Grand’Peur (Mirkwood). Arrivés à l’orée des bois, Gandalf les quitte pour vaquer à ses propres affaires. Durant leur traversée de la forêt, les nains sont capturés à deux reprises, d’abord par des araignées géantes, puis par les elfes sylvains, mais dans les deux cas, Bilbo met à profit son anneau magique pour libérer ses compagnons.

 

La compagnie arrive finalement à l’établissement humain de Bourg-du-Lac (Lacville), où elle prend un peu de repos avant de se diriger vers la Montagne. Grâce à l’anneau, Bilbo se faufile jusqu’à la tanière du dragon et, après une conversation avec la créature, s’échappe en dérobant une coupe en or. Smaug s’en avise et, croyant le vol perpétré par les hommes de Bourg-du-Lac, se dirige vers la ville pour la détruire. L’archer Bard (Barde), héritier des princes du Val(Dale), parvient à le tuer : sa flèche noire trouve le seul point du ventre de Smaug que ne couvre pas son armure de pierres précieuses.

Le trésor de Smaug n’a désormais plus de maître, et les hommes de Bourg-du-Lac comme les elfes de la Forêt se dirigent vers la Montagne. Ils découvrent que les nains ont renforcé les défenses, et Thorin refuse toute négociation, convaincu que le trésor tout entier lui revient de droit. Alors que les hommes et les elfes se préparent à attaquer la montagne, Bilbo se rend dans leur campement avec la Pierre Arcane (Arkenstone), l’objet du trésor le plus précieux aux yeux de Thorin. Le hobbit espère ainsi éviter un bain de sang inutile.

Le lendemain arrivent des renforts nains conduits par Dain, le cousin de Thorin, qui persiste dans son refus de toute négociation. Les deux camps sont prêts à croiser le fer lorsqu’ils sont surpris par une immense armée de gobelins. Nains, elfes et hommes s’unissent alors pour les combattre lors de la bataille des Cinq Armées, qui semble perdue jusqu’à l’arrivée des aigles, ainsi que de Beorn. Celui-ci tue Bolg, le chef des gobelins, et leur armée, démoralisée, est aisément vaincue. La victoire est acquise, mais Thorin et ses neveux Fili et Kili trouvent la mort durant l’affrontement. Le trésor est réparti entre les vainqueurs, et Bilbo sort de son aventure plus riche de deux petits coffres, l’un rempli d’or et l’autre d’argent, ainsi que de l’anneau magique. »  

 

Fin du résumé

 

Tentative de décryptage

Divers auteurs ont écrit sur la dimension initiatique et symbolique de « Bilbo le hobbit ». Dans le lot, le seul que j’ai lu est cet intéressant article  http://www.jrrvf.com/bilbo/articles/Psychanalyse_de_The_Hobbit.html  (sur la dimension psychanalytique du voyage de Bilbon).

 Voici mes impressions concernant ces aventures de Bilbo :

 

Découverte de soi et attentes :

 

Au début du récit, Gandalf explique à Bilbo que le destin l’a choisi pour devenir un grand cambrioleur. Renfermé et maladroit, Bilbo n’y croit pas et se passerait bien de suivre les nains jusque dans l’antre du dragon Smaug. Gandalf explique à Bilbon que la seule chose qui lui est garantie, c’est que s’il revient vivant de ce voyage (ce qui est loin d’être gagné, Gandalf ne le lui cache pas), rien ne sera jamais plus comme avant pour Bilbo. A un moment du récit , quand Bilbon commence à se montrer moins maladroit qu’au début, le narrateur fait une pause et explique que Bilbo vient de « trouver » quelque chose, et de poursuivre en expliquant que c’est bien naturel de trouver une chose différente de celle que l’on cherchait au départ. (L’idée semble être ici de ne pas avoir d’attentes de départ bien arrêtées quand on entreprend une quête ou recherche quelconque, puisque les découvertes ultérieures infirmeront souvent plus ou moins la pertinence des attentes de départ. Bilbo qui n’a rien demandé commence à réaliser ses talents de cambrioleur et de négociateur dont il n’aurait jamais soupçonné l’existence. Il découvrira aussi sa capacité à s’ouvrir aux autres, à aider les autres, lui qui ne pensait qu’à manger dans son trou de hobbit).

 A la dernière page du récit , quand Bilbo retrouve son ex mentor Gandalf, ce dernier achève le récit en  lui expliquant  en gros :  «  voilà Bilbo tu es revenu de ce voyage, désormais tu sais que tu es à la fois très grand et très petit ». (Telle est, si j’ai bonne mémoire, la dernière phrase du livre. Je crois la comprendre comme suit : Bilbo connaît désormais ses limites, ce voyage a donc permis à Bilbo de franchir une étape importante dans sa connaissance de lui-même).

 

 

Maîtrise de soi

Bilbon Sacquet n’a franchement pas  le profil du héros tueur de dragon (ce rôle est rempli par Barde   qui tue Smaug d’une flèche). Mais Bilbo met à profit son voyage pour utiliser au mieux ses compétences (audace, ruse, éloquence) et ainsi pour progresser dans la maîtrise de lui-même.

J’en avais déjà parlé ici http://www.benoitreveur.info/article-le-dragon-110029373.html  , le thème médiéval du dragon  représente souvent l’apprentissage de la domestication de notre nécessaire « coté obscur » (ego , agressivité, craintes, etc). Je suppose que Tolkien a voulu imager cette recherche du self-control quand il a écrit la scène culte du dialogue de la rencontre entre Bilbo et Smaug. Quand il se retrouve seul dans l’antre du dragon, Bilbo est mort de trouille, mais il canalise sa peur et utilise la ruse et l’éloquence pour obtenir ce qu’il veut de Smaug, Bilbo est donc bien plus maître de lui-même que lorsqu’il avait, sans le faire exprès, dérobé l’anneau à Gollum lors du concours d’énigmes.  Barde a ensuite tué le corps du dragon, tandis que Bilbo avait su  toucher l’esprit de Smaug en le baratinant/amadouant temporairement,  ce qui est déjà pas mal puisque Bilbo n’est  certes pas Sainte Marthe domptant la tarasque, (un de mes deux articles sur la tarasque est ici http://www.benoitreveur.info/article-29969310.html ). Voilà pourquoi Bilbo me semble « à la fois très grand et très petit ».    

 

Il se peut aussi que Béorn symbolise à sa manière la part d’animalité renfermée dans chacun des personnages, Beorn me semblant inspiré du schéma du « Berserker » (concernant cette « animalité humaine », l’article wikipédia sur Jean de l’Ours l’explique mieux que mon vieil article sur ce vieux conte d’homme-ours) . Béorn sait être humain quand il le faut et Ours quand nécessaire.

 

Bilbo devient plus sage (quoique) et Barde le sauroctone

Bilbo ne blesse pas Smaug physiquement mais il lui dérobe  discrètement un objet du trésor tout en flattant l’orgueil de Smaug et en se faisant  petit  face à Smaug, En cela Bilbo me semble gérer la confrontation un peu à la manière d’un Ulysse face à Polyphème (j’ai déjà parlé de Polyphème dans de vieux articles du blog: Bilbo quand à lui au moment crucial de sa quête fait état de son infériorité physique face à Smaug, ce qui devient alors la « force «  de Bilbo : il se peut qu’ici Bilbo se soit délesté d’une partie encombrante de son ego, tandis que dans l’Odyssée ’Ulysse dit à Polyphème « je suis Personne » car inconscient encore de sa vraie nature….). Bilbo sait renoncer à la cupidité puisque c’est lui qui mène des négociations pour empêcher la guerre des nains pour le partage du trésor du défunt Smaug.  Bilbo semble aussi faire l’expérience d’un certain degré de résignation (mais pas vraiment de détachement) puisqu’il s’est approprié l’Arkenstone et y tenait  mais consent à la donner à Barde pour qu’il puisse faire pression sur Thorin. De plus à un moment dans le « seigneur des anneaux », dès dizaines d’années après avoir achevé sa quête,  Bilbo, désormais âgé demande à Frodon de toucher l’anneau une dernière fois (Bilbon âgé est donc encore plus ou moins vulnérable à certaines tentations faciles). Bilbon reste tout de même plus ou moins attaché à « l’anneau unique » (celui que Bilbo avait autrefois dérobé à Gollum, qui deviendra l’anneau tant convoité dans « le seigneur des anneaux »).  Sur ce point du détachement je crois que Bilbo est là aussi « à la fois très grand et très petit ».

 

Barde vient à bout du dragon en le tuant d’une flèche, il renonce au trône royal proposé par les habitants de Lacville,  il renonce même aux pouvoirs de l’Arkenstone que Bilbo lui propose.Sur ce plan là Barde me semble donc plus détaché et plus maître de lui-que ne l’est Bilbo, et justement c’est ce coté imparfait qui rend Bilbo intéressant, et lui donne la place centrale dans le récit, Barde apparaissant peu dans le roman. Mais Barde, réputé pour son humilité et sa générosité,  n’est pas si désintéressé que cela : trois ans après le voyage de Bilbo il devient roi du territoire autrefois nommé « désolation de Smaug » et donne son nom à ses sujets : « les bardides ». Malgré son humilité Barde garde donc son ego, ce qui le rend humain. Barde est, je crois,  une sorte d’ »Aragorn avant l’heure », il tient à son « honneur dynastique », tandis que Bilbo semble beaucoup moins se soucier de ce que les gens peuvent penser de lui, Bilbon aide les autres de façon naturelle sans penser à le faire « par honneur pour la lignée seigneuriale ». Barde est un sauroctone (tueur ou dompteur de dragon, cf l’imagerie médiévale des saints sauroctones) toutefois plus imparfait que les saints sauroctones des légendes classiques (barde tue le dragon, mais ne parvient pas à le dompter, Bilbo amadoue temporairement le dragon, puis Bilbon fuit au bon moment devant la colère du reptile et ne parvient donc pas à tuer Smaug (Bilbo cherchait le trésor et non pas la mort de Smaug), aucun des deux personnages de Tolkien n’est suffisamment empathique et calme pour dompter le dragon au point de se balader avec Smaug tenu en laisse, tandis que les saints sauroctones des vieilles légendes arrivent assez souvent à tenir en laisse un dragon ou une tarasque. Barde semble aussi avoir été inspiré du mythe germanoscandinave de Siegfired/Sigurd. Je me demande également si Barde connaît ses propres limites : est–il aussi avancé que Bilbo en « connaissance de lui-même » ?

Bilbo ne cherche pas à devenir très riche lors du partage final du trésor de Smaug, mais il ne crache pas pour autant sur la portion d’or avec laquelle il repart. A la fin de ce voyage initiatique, Bilbo apprend certes la modération mais pas vraiment le désintéressement.

Je ne crois pas non plus que certains des nains soient finalement en certains points si différents de Smaug le dragon : leur cupidité  et leur orgueil lors du partage du trésor sont à deux doigts de déclencher une guerre avec les elfes.

 

 

J’ai lu «Bilbo le hobbit » il y a des années, il se peut donc que ma mémoire flanche sur certains points du récit, il se peut aussi qu’il y ait des erreurs dans cet article. Il existe bien entendu tous un tas d’autres sens cachés dans ce roman de Tolkien,  mais voilà en gros mes tentatives d’interprétation.

 

 

Deuxième  bande annonce du film « Le hobbit : la désolation de Smaug » (qui sortira en décembre 2013)

http://www.youtube.com/watch?v=bo_mwDKPD_M

 


 

 

 

 

le premier film « le hobbit : un voyage innatendu s’achevait peu avant l’arrivée chez Béorn , la bande annonce du deuxième film montre des extraits des araignées géantes de la forêt de Mirkwood, l’évasion aquatique en tonneau, et la très attendue rencontre entre Bilbo et Smaug…

 

 

 


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Published by Benoitreveur
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