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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 18:42

 

 

 

Origines

L’Oiseau Roc (également rokh ou encore rukh ) est une créature mythique de Madagascar. On trouve aussi cet oiseau dans la mythologie persane : dans le « deuxième voyage de Sinbad » des fameux « contes des mille et une nuits ». Ce gigantesque volatile fut ensuite repris par Marco Polo. Certains lient  également l’oiseau Roc au Simorgh des mythologies hindoues et persanes.  Les « contes des mille et une nuits » comportent également des éléments de mythes hindous. Sur wiki et ailleurs certains le comparent au Garuda (créature divine de la mythologie hindouiste).  Toutefois je crois que l’oiseau roc peut plus vraisemblablement se rapprocher des grands et puissants vautours  de la légende hindouiste de Jatayus et Sampati. 

Description et caractéristiques

Il s’agit d’un oiseau gigantesque à la force colossale. Avec ses serres il pourrait transporter un éléphant dans les airs, voire déplacer de cette manière un éléphant dans chaque serre (donc deux éléphants à la fois). Puis l’oiseau roc lancerait sa captive proie contre un rocher afin de la tuer puis de la dévorer. D’autres fois, l’oiseau roc emmènerait ses proies jusque dans son nid, afin de nourrir ainsi sa progéniture.

Ce volatile est souvent décrit comme un rapace géant. L’oiseau roc ferait environ 15 mètres d’envergure, ailes déployées. Beaucoup affirment que l’oiseau roc est de si grande taille qu’il éclipse la lumière solaire. De plus son puissant battement d’ailes serait à l’origine des vents. Dans le récit sur Sinbad , la patte/cheville de l’oiseau roc possèderait une largeur au moins égale à celle d’un tronc d’arbre. 

Explication paléontologique ?

Certains relatent que le mythe de l’oiseau roc viendrait d’un raptor.  En tout cas des fossilles/ossements d’Aepyornithiformes

 ont été retrouvés à Madagascar. Il semblerait que  ce genre de  fossiles d’oiseaux puissent avoir contribué à l’image de l’Oiseau Roc dans la culture mythologique de Madagascar.  Voici un copié collé de ce que révèle wikipédia à ce sujet :

« L'ancien ordre des Aepyornithiformes regroupe la seule famille des Aépyornithidés, ou oiseaux-éléphants (terme inventé parMarco Polo), qui comprend deux genres, les † Aepyornis et les † Mullerornis. Toutes les espèces de cet ordre sont aujourd'hui éteintes. Deux d'entre elles (Aepyornis maximus et Aepyornis medius) auraient pu cependant survivre jusqu'après l'an 1500 et être à l'origine de la légende du Rokh.

Les aepyornis, qui vivaient exclusivement à Madagascar, comptaient dans leur rang l'oiseau le plus grand du monde puisqu'il mesurait plus de trois mètres de haut et pesait près d'une demi-tonne. »

(source : wikipédia).

Selon certains paléontologues, ce grand oiseau vraisemblablement aptère (ou presque), ferait partie de la famille des autruches.

Jatayu/Jatayus

 

Dans la mythologie hindoue, Jatayu est un demi-dieu possédant l’aspect physique d’un vautour. Il serait enfant ou neveu de Garuda. Ravana provoqua Jatayu qui cherchait à ne pas en découdre. Un différend les opposait au sujet de Sita. Mais Ravana engagea les hostilités et Jatayu fut bien obligé de se défendre. Au moyen de ses serres, Jatayu arracha les dix bras de Ravana qui repoussèrent un à un. Ravana tua ensuite Jatayu d’un coup de cimeterre. Un autre vautour géant, lui aussi descendant de Garuda, s’inquiéta du sort de Jatayu (qui était en train de mourir et semble ne pas avoir été sauvé à temps). Le vautour enfant de Garuda possédait un don de vision à grande distance.

sources pour les infos ci-dessus :

« bestiaire imaginaire » par Julie Delfour (2013)

wikipédia

« mythologie hindoue » par W.J Wilkins.

http://phine.chez.com/Animeaux%20Mythiques/oiseauroc.htm

Sindbad et l’oiseau Roc

DANS LES « MILLE ET UNE NUITS »

Lors de son deuxième voyage , ses compagnons ayant levé l’ancre sans lui, le marin Sinbad (alias  Sindibad ) , se retrouve  seul sur une île déserte. Après de longues errances, désespérant de ne trouver aucun habitant,  Sindbad voit un dôme géant de couleur blanche et décide de s’en approcher.  Puis le ciel s’assombrit au-dessus de Sinbad : c’est l’oiseau roc venant se poser sur cette éminence blanche. Sindbad comprend alors que ce dôme blanc n’est autre que l’œuf couvé par l’oiseau roc . Il noue son turban autour d’une patte de l’oiseau. Ainsi attaché à la créature, Sinbad profite d’un vol  aérien de l’oiseau roc lui permettant alors de quitter cette île déserte afin de pouvoir finir par rejoindre une terre habitée.  Voici une version numérisée du deuxième voyage de Sinbad http://ecole.abrest.pagesperso-orange.fr/litterature/fichiers_contes/conte_29_sindb_02_texte.htm   (On y apprend que lors du « vol retour » de Sinbad attaché à la cheville de l’Oiseau Roc , le volatile pique et dévore un énorme serpent, il s’agit de la version traduite par Antoine Galland). Puis l’oiseau roc dépose Sinbad dans la vallée des diamants. Sinbad y découvrira des serpents géants et un tas d’aventures ultérieures…..    Les sept voyages de Sinbad sont consultables ici http://bdemauge.free.fr/litterature/sindbad.pdf

DANS LE FILM DE RAY HARRYHAUSEN,,

Dans le superbe film « le septième voyage de Sinbad » de Ray Harryhausen, Sinbad le marin rencontre un tas de monstres divers, dont un « Oiseau Roc ».  Un sorcier a jeté un sort à la compagne de Sindbad. Ce dernier doit donc retourner sur l’île de Colossa pour trouver une coquille d’oiseau roc permettant de lever la malédiction.

Cet « Oiseau Roc » version Hollywood possède deux têtes. Sa morphologie me fait donc penser à la monture des hippogypes plutôt qu’à l’Oiseau Roc classique. Les  hippogypes   ont été inventés par Lucien de Samosate dans le tome A des « histoires vraies » (mon article à ce sujet http://www.benoitreveur.info/article-lucien-de-samosate-de-la-science-fiction-antique-58222747.html ).  Il s’agit de cavaliers extra terrestres chevauchant de grands oiseaux à deux têtes. Mon vieil article sur l’hyppogype  est ici http://www.benoitreveur.info/article--une-creature-de-lucien-l-hippogype-39835258.html

Je vous souhaite une bonne année 2014

Un oiseau roc (source image club.ados.fr)

 

creatures-merveilleuses-roc-big.jpg

 

 

 


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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 19:03

 

 

  Créature de science-fiction venant de la saga Star Wars, les hutts sont des créatures gastéropodes popularisées par le personnage de Jabba le hutt.

Caractéristiques :

Créatures gastéropodes hermaphrodites, les hutts sont en quelque sortes des hommes-limace de gabarit massif, pouvant peser jusqu’à 1500 kg. Leur peau épaisse et visqueuse les protège du feu et des tirs d’armes à feu. Ils ne sont pas vulnérables aux « pouvoirs de la force (expliqué sur http://fr.starwars.wikia.com/wiki/Hutt mais vérifiable par ailleurs) . Voilà probablement pourquoi dans « Star Wars épisode 4 , le retour du jedi », Luke Skywalker ne réussit pas son tour d’hypnose/persuasion quand il tente ainsi de convaincre Jabba de libérer sa sœur Leia Organa et Han Solo. Jabba répond justement en riant par une phrase du genre :  « les vielles ruses jedi  ne marchent pas sur moi » .

On sait également que les hutt ont une très grande longévité : 1000 ans au bas mot.

(C’est wikipédia qui m’a appris la longévité et la résistance au feu des hutts, mais le site français de starwars universe le confirme).

 

 Les Hutts se reproduisent par clonage et peuvent donc avoir un seul parent (ou deux dans de plus rares cas). Le site/lien suivant http://www.starwars-universe.com/espece-98-hutt.html m’a également appris : « En effet, ils ont la capacité de rester sous l’eau pendant des heures, comme de nombreux mammifères marins, grâce à la taille de leurs poumons et à leurs narines qui ont la capacité de se fermer.  «      

 

Habitat et culture.

Tout d’abord ce même lien explique  « La culture Hutt est essentiellement égocentrique. Ils se considèrent eux-mêmes comme le centre de la galaxie en s’assimilant à des dieux. Ils ont un égo démesuré et sont par ailleurs des experts pour manipuler les autres individus et recevoir d’eux ce qu’ils attendent. Les Hutts ne sont pas des créatures très physiques ; ils ne construisent, ni n’inventent rien mais sont particulièrement doués pour mettre en relation un individu qui cherche quelque chose avec celui possédant la denrée. Ils sont de vrais entrepreneurs avec un très bon feeling pour le business et les magouilles. Ils sont ainsi particulièrement à l’aise dans les milieux du crime, de l’esclavagisme, des jeux de hasard, la contrebande ou toute autre activité illégale.       (source : http://www.starwars-universe.com/espece-98-hutt.html   

On y apprend également que les hutt vivaient au départ  sur la planète forestière nommée Varl et vouaient un culte religieux aux deux soleils éclairant cette planète (ce qui , à mon avis, peut avoir orienté le choix des hutts qui se sont ensuite installés sur Tatooine, planète connue pour ses deux soleils). Ce site web starwars universe est une vraie mine d’infos, il y explique en détail un tas d’autres choses sur les hutts (y compris leur vie sexuelle…)

Jabba le hutt

Dans « star wars épisode 1 la menace fantôme », Jabba trône sur le siège d’honneur dans l’arène de Tatooine accueillant la course de chars volants que remportera l’enfant  Anakin Skywalker (récemment détecté par les maîtres jedi en tant que « surdoué des pouvoirs de la Force »). Il me parait probable que Georges Lucas voulait ici faire de Jabba une sorte de « Cesar » régnant sans pitié sur Tatooine puisqu’il a confessé que cette course de vaisseaux spatiaux est directement inspirée de la fameuse course de chars de « Ben Hur ».

Jabba apparaît aussi dans une scène de Star Wars épisode 4 , quand il somme han solo de lui donner ce qu’il estime constituer son dû.

La fin de Jabba le hutt est connue de tous . Quand Luke Skyalker et ses amis mènent un soulèvement contre la cour de Jabba dans son mini palais volant, Leia  est alors  habillée en « cover girl » de roman fantasy (dans le probable but de suggérer un coté « femme guerrière que Jabba aimerait réduire en esclavage »). Seulement Leia n’est pas du genre à se laisser faire. Au cours de cette bataille dans le palais volant, Leia parvient finalement à tuer Jabba par strangulation à l’aide des chaînes la retenant prisonnière.

Jabba n’est pas le seul hutt dans l’univers Star Wars….. On verra bien si Star Wars épisode 7 (prévu pour 2015) mettra en scène d’autres hutts . Il semblerait que le scénario contera de nouvelles aventures soit  de Luke Skywwalker devenu maître jedi, soit celles des disciples jedi de Luke.

Je vous souhaite de joyeuses fêtes

Source image : http://starwars.wikia.com/wiki/Jabba_Desilijic_Tiure

 

Jabba_the_Hutt_NEGTC2.jpg

 

 

 

 

 

 

 


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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 16:03

 

  Le mermécolion (fourmi géante à tête de lion)  venant de la mythologie de l’Inde a été repris et adapté par l’antiquité greco-romaine puis par l’Europe médiévale. Certains auteurs situent le mermécolion sur une île de la Mer Rouge. Le Mahabaratha hindouiste et la Septante chrétienne, tous deux ouvrages religieux fondateurs/majeurs,  évoquent le mermécolion qui pourtant reste une créature méconnue de nos jours. Cet article va tenter de présenter cette intéressante et atypique créature qu’est le mermécolion.

Caractéristiques

Ce fourmilion (mermécolion, parfois nommé « myrmidon ») est un hybride de fourmi grande comme un chien, avec une tête de lion. Cette créature possède l’appétit et la force du lion, mais un corps menu évoquant la fourmi. Là se tient tout le paradoxe du mermécolion qui est condamné à ne vivre que quelques jours : son appétit de lion le pousse à manger plein de viande, mais son corps menu en forme de fourmi ne parvient pas à tout digérer. C’est pourquoi divers auteurs expliquèrent que  le mermécolion meurt vite, faute de proies à dévorer. Le mermécolion est carnivore et c’est pourquoi les hommes de l’antiquité et du moyen-âge redoutaient cette créature. Le mermécolion se déplace très rapidement (comme les fourmis) et veille sur l’or qu’il a trouvé.


Evocations dans la littérature

Dans le Mahabaratha (écrit il y a 4200 ans)  nous trouvons la plus ancienne mention du mermécolion : ces créatures fourmi-lion sont décrites comme cherchant de l’or en creusant la terre. Deux-mille-deux cent ans après ,  Strabon (64 avant JC – 21 ou 25 après JC)  évoqua une fourmi-lion. Plus tard la Septante chrétienne (traduction grecque de la Bible) , mais aussi  Hérodote et Pline l’Ancien mentionnèrent cette créature. Le Physiologos, bestiaire anonyme chrétien écrit à la fin de l’antiquité a influencé nombre des bestiaires médiévaux chrétiens. Parmi les plus connus Gervais de Tillbury et Guillaume clerc     ont mentionné le mermécolion/fourmilion/myrmidon .

Le Physiologos , (version  première collection), intitule son chapitre 20 « le fourmi’lion «  il y est écrit entre autres :

« Le Physiologue a dit que le fourmi-lion a l’avant train d’un lion et l’arrière-train d’une fourmi. Son père est carnivore et sa mère granivore. Lorsqu’ils engendrent le fourmi-lion, ils l’engendrent avec deux natures, l’une qui est celle de son père et l’autre qui est celle de sa mère. Il ne peut donc pas manger de viande à cause de la nature de sa mère, ni de graines à cause de la nature de son père. Il meurt donc faute de nourriture.

Ainsi en est-il de tout homme à l’âme divisée, instable dans toutes ses voies. Il n’est pas beau de dire « non et oui «  ou « oui et non », mais que le oui soit oui et le non non ». (extrait tiré du Physiologos chapitre « fourmi-lion »).

Gervais de Tillbury décrit une chasse à l’or sur l’île des mermécolions : des humains débarquent sur l’ïle , ils offrent des chameaux en guise de leurre/appât pour les mermécolions, pendant que ces fourmilions dévorent les chameaux, les humains ont tout juste le temps d’aller voler l ‘or des mermécolions et  ensuite de remonter dans leur bateau pour prendre la fuite avant que les mermécolions ne les rattrappent une fois que  la diversion « dégustation de chameaux » est terminée.

Guillaume clerc de Normandie , dans son  ouvrage intitulé « bestiaire divin » semble relater une scène analogue à celle de Gervais de Tillbury. Toutefois chez Guillaume ce ne sont pas des chameaux mais des chevaux qui servent d’appât.

Plus récemment :

Flaubert a parlé du mermécolion dans « la tentation de Saint Antoine »

Borges semble avoir cité le mermécolion dans son livre des créatures fantastiques.

Symbolique

Dans son commentaire du Physiologos, Arnaud Zucker explique que le mermécolion partage un trait commun avec le griffon : vivre dans son terrier et vouer une passion à l’or qu’il garde. Il y explique que , tout comme l’onocentaure (cf mon  vieil article blog sur les centaures) et les sirènes des bestiaires médiévaux chrétiens, le mermécolion désigne le coté hypocrite et double–jeu de certaines personnes, mais le mérmecolion désigne plus précisément l’indécision, l’inconstance et l’immobilisme qui en découle.

Ma tentative d’interprétation : le Physiologos a servi à évangéliser les foules médiévales, certaines de ses formulations étaient un terrain idéal pour divers sophismes et obscurantisme médiévaux, cette citation du Physiologos peut encourager le fermeture d’esprit, je crois qu’il est important de cerner son contexte d’application et les situations dans lesquelles cette citation ne s’applique pas. Cette citation a alimenté d’autres glosateurs médiévaux qui prônaient une pensée parfois assez manichéenne. La métaphore du mermecolion me semble s’appliquer dans des cas d’indécision nocive et  immobilisante et non dans des cas de doute constructif. D’ailleurs Guillaume Clerc dans son « bestiaire divin » écrit (chapitre « la fourmi » ) : « le devoir des chrétiens et de diviser le bon grain que leur offre l’évangile , qu’ils ne s’attachent pas à la lettre qui tue, mais à l’esprit qui vivifie » (après avoir parlé de la fourmi qui travaille le grain et avant de relater sa propre version de la fameuse scène de la chasse à l’or). Le mérmécolion possède donc tout de même la faculté de réfléchir, de trier le bon grain de l’ivraie. Le Physiologos semble faire l’impasse sur cet aspect là du mermécolion »

Voilà l’état actuel de mes recherches sur le mérmecolion, créature souvent délaissée par la fantasy actuelle.

Sources :

Josy Marty Dufaut : « les animaux du moyen-âge réels et mythiques » (éditions « Autres temps »)

 Anonyme : Physiologos (version traduite par Jérome Millon et commentée par Arnaud Zucker)

Strabon : » Géographie »

La Septante  chapitre « livre de Job »

Pline l’ancien : « histoire naturelle »

Guillaume clerc de Normandie (12ème siècle) : « bestiaire divin « 

Source web pour l’image du mermécolion megamitensei.wikia.com

 

Myrmecoleon.png

 

 


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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 16:57

 

 

Je suis fan de ces légendes de créatures Yokai de la mythologie japonaise.

 

Les kappa (sans doute parmi les yokai les plus connus après les tengus), seraient des démons ou génies  des lacs, côtes maritimes,  rivières, étangs et puits.

 

Caractéristiques générales

 

L’aspect physique des kappas et celui de tortues humanoïdes  avec des cheveux et un bec. Certains kappas sont dotés d’une peau de grenouille ou d’écailles, d’autres kappas portent une fourrure. La peau est souvent verte ou grise. Les mains et les pieds sont palmés, le kappa possède des griffes.  Le kappa aime jouer de méchants tours aux gens, mais il est aussi et paradoxalement très poli.

Les kappa adorent jouer au  sumo et au shogi (jeu d’échec japonais), visiblement  leurs 2 grandes passions. Ils seraient par ailleurs d'excellents nageurs. Ils possèdent une force physique surhumaine (supérieure à celle d’un bœuf), mais leurs os des bras sont constitués de telle manière que parfois ils se font arracher un bras en combat si leur adversaire tire sur leur bras, le kappa sait de toute manière que son bras finira par repousser. Les kappas ont la réputation de chlinguer le poisson  au point de pouvoir détruire les nerfs olfactifs des humains. Les os du kappas sont solubles dans l’eau, c’est pourquoi il est impossible de trouver un squelette de kappa au bord d’une rivière. D’après les pêcheurs les kappas feraient plus d’un mètre de haut (mais resteraient relativement petits et pèseraient près de 50 kilos.

 

 

 

 

 

Le sommet du crane des kappas est tonsuré : par un petit trou à cet endroit rentre de l’eau à laquelle les kappas doivent leur puissance. D’aucuns pensent que cette tonsure au sommet du crâne des kappas serait en fait une allusion à la tonsure des moines catholiques occidentaux (divers missionnaires occidentaux avaient été en contact avec un certain nombre de japonais déjà vers les années 1600 et quelque). 

 

 

 Les kappa aimeraient noyer les enfants dans les rivières, mais aussi les bœufs et les chevaux. Quand sa victime est dans l’eau , le kappa aime lui extraire et dévorer les intestins en commençant par l’anus. D’aucuns  dans divers ouvrages sur les yokai expliquent qu’ainsi le kappa soutire l’âme  de sa victime.   (1)

 

 

Les kappas sont fanas de concombres , ils en piqueraient même dans les champs et jardins des gens, d’oû aussi sans doute le nom d’un sushi maki au concombre : le kappa maki.

les kappas possèdent trois anus, pour se défendre à coup de pets très odorants si un pêcheur les capture (il arrive dans certains récits qu’un pêcheur remonte sa ligne et trouve un kappa suspendu au bout de son fil de pêche). 

 

Les femmes en jupe devraient faire attention aux kappas  : ces derniers adorent aller regarder sous les jupes, paraît-il…..(mais aussi les kappas aiment mettre les femmes humaines enceinte, de gré ou de force). La seule possibilité de reproduction des kappas c’est l’accouplement avec un être humain.
Les kappas peuvent aussi se transformer en humain, en objet ou en animal pour tromper leurs futures victimes. Le kappa aime jouer des mauvais tours aux gens : du genre les inviter à jouer avec lui à des jeux d’adresse ou de force au bord de l’eau afin de le jeter par surprise dans l’eau.

 

Le kappa aimant les milieux aqueux, il lui arrive de se cacher au fond des toilettes pour surprendre sa victime. Le kappa chercherait souvent à prendre le « shirikodama » de sa victime (une supposée boule magique qui se situerait quelque part vers l’anus des êtes humains. 

 

 

 

 

Il existe une méthode éprouvée pour se débarrasser à coup sûr d’un kappa ? En lui pétant dessus, la méthode est démontrée ci-dessous :

 

 

 full_KappaEDIT.jpg

source image : http://www.printsofjapan.com/Yoshitoshi_kappa_control.htm

 

(mais attention : il paraîtrait que le pet lancé par un kappa soit extrêmement redoutable, cela dit je n’ai pas connaissance d’éventuelles « batailles de pets » qui auraient opposé un humain à un kappa…)

 

Mais ceux qui n’ont pas mangé assez de flageolets pour ça peuvent se rassurer car il y aurait d’autres autres moyens, plus difficiles toutefois, de venir à bout d’un kappa :

 

A) le saluer pour le faire s’incliner bas afin qu’en nous rendant notre salut l’inclinaison de sa tête fasse tomber sa réserve d’eau vitale  par le trou situé au sommet de son crâne (le kappa est poli, il se sentira donc obligé de rendre le salut. (2)  Une fois que le kappa sur la terre ferme a ainsi perdu l’eau de son sommet du crâne il est très affaibli et il se fera alors un point d’honneur de tenir la promesse que lui proposera son interlocuteur humain (le kappa ayant un grand sens de la probité », il tient ses promesses).

 

B) au combat de sumo(mais dans ce cas il faut être meilleur en sumo que le kappas qui est un combattant aguerri dans cet art).

 

C) les kappas craignent leur feu

 

D) certains rituels magiques utilisant un concombre

 

La politesse des kappas , renforçant l’ambiguité du kappa, s’exprime aussi d’autres manières : le kappa peut donner du poisson, aider aux travaux agricoles soigner les fractures osseuses (et enseigner cet art de guérison) aux gens qui lui ont rendu un service ou qui l’ont sauvé d’une mort certaine. Dans ce cas les kappas se font un point d’honneur à tenir leur promesse envers la personne qui les a aidés.

 

 

En effet les kappa ont le goût du jeu et aiment donc défier les humains de diverses manières.

Le kappa peut aussi, quand ça le chante, provoquer des inondations pour embêter les humains.


Le kappa possède le pouvoir de se rendre invisible, il peut ainsi se rendre invisible et attaquer sa victime par surprise (note personnelle : il est connu que les yokai étant des esprits, ils ont une face visible/concrète et une face invisible, toutefois il semblerait que tout le monde ne puisse voir un yokai à tout moment, la possibilité de voir un yokai  semble dépendre non seulement  des personnes possédant ce don, mais également des lieux et des moments).  Les kappas ont aussi le pouvoir d’envouter leur victime (seuls des moines ou des ascètes yamabushi peuvent désenvouter la victime).

 

 

Divers kappas selon les régions

Au délà de ces caractéristiques relativement communes à tous les kappas, Il existerait plusieurs autres sortes de Kappas, et assimilé , selon les régions. Voici quelques  exemples parmi d’autres:

A)les « Hyosubé «  à Kyushu qui sont liés aux inondations et qui auraient tous pour sensei ….un humain charpentier….

B) Hyotoku : un enfant lié au puits

C)Garrapa : sur certaines îles du sud japonais et le fief de Satsuma, une sorte de kappa mais version  grenouille aux longues jambes, il peut permettre des pêches fructueuses, vit dans les eaux et les montagnes et joue au sumo avec les enfants. Ces garrapas seraient dieux de la montagne et auraient une technique secrète de sumo qui leur permettrait de battre les kappas des autres îles.Ils aiment égarer les voyageurs et il paraitrait qu’apercevoir un kappa Garrapa peut entrâiner la mort.

D) Gawappa : la légende affirme qu’en été il se rendent au palais sous marin de ryujin le roi dragon (cf mon vieil article blog sur Ryujin )

E ) Ichimoku nyudo : des « kappas cyclopes »

F) Medochi: ce kappa se transforme en femme humaine pour séduire ses victimes et les attirer ainsi au fond de l’eau.

G ) Shibaten ; ces kappas là vivent dans la province de Tosa, ils sont considérés comme quasi invincibles en sumo.

H ) yamawaro : kappa qui migre en montagne l’hiver , il peut, comme certains tengus provoquer des illusions auditives pour tourmenter les voyageurs montagnards et forestiers. Ils font des trous dans les parois des maisons se trouvant sur leur route

 

Et d’autres encore… (au total il existe 80 variantes régionales de kappas)

On pourrait également citer Mitsunchi (créature aïnou empruntant certaines caractéristiques des kappas) ou encore le tigre d’eau « Suiko » qui est une sorte de demi frère du kappa.

 

 

 

Origines des kappas

Dans son Ouvrage, Sylvain Jolivalt relate deux mythes expliquant l’origine des kappas.

dans le premier Hidari Jingoro devait construire un château pour un seigneur/ Manquant de main d’œuvre il fabriqua 99 poupées de paille hautes comme un enfant, il leur donna vie et une fois le château construit il jeta ces poupées vivantes dans la rivière. Ces dernières demandèrent à Jingoro ce qu’elle pourraient y manger, l’architecte leur répondit avec ironie qu’ils n’avaient qu’à manger des trous du cul… ainsi naquirent les kappas qui avaient pris cette suggestion à la lettre en se mettant à manger les orifices anaux des gens. .

 

Dans la deuxième, les kappas venaient du Fleuve Jaune en Chine, ils élurent domicile dans la terre  de Kyushu qui leur semblait plus propice à leur développement. Une fois établis , de nouveaux kappas naquirent , ils étaient 9000  kappas au total. Le chef des kappas se nommait kusen bo, Ils pillaient les plantations des humains et enlevaient leurs femmes et leurs enfants. Alors Kato KIYomasa, seigneur de Kumamoto mobilisa des singes contre les kappas, Une fois repoussés les kappas s’établirent dans le fleuve Chikugo qui était voisin, le seigneur local , Kobayakawa  autorisa Le chef kappa et les kappas à y rester, ils furent alors les émissaires de Suitengu (Tengu aquatique ? ) qui veillait contre les inondations.

 

Jolivalt relate aussi d’autres mythes d’origines des kappas :  descendants probables des ainous,  en tous cas les kappas sont très vraisemblablement liée à Mizuchi (divinité aquatique), ou encore decendants du « roi céleste Bucéphale »… Etc…

 

Freeman évoque un autre origine possible du mythe des kappas : des fœtus et bébés humains abandonnés dans les rivières.

 

 

 

La vidéo ci-dessous nous présente une statue et musée du kappa au Japon

 

 


 

 

 

 Les histoires  anciennes de kappas sont innombrables, cela prendrait des pages et des pages. De nombreuse actuelles légendes urbaines japonaises évoquent de présumés signes de présence récente de kappas.

 

Il reste sans doute d’autres choses à dire sur le sujet et il se peut que des erreurs de soient glissées dans cet article (je ne suis pas expert en culture japonaise), mais voilà l’état actuel de mes recherches sur le sujet.

Par Bunowa Rêveur le 03/09/2013

(il s’agit d’une version remaniée et complétée d’un article que j’avais publié en janvier 2010) 

Sources : Shigeru Mizuki : son  dictionnaire des yokai  (volume 1 et 2 )

Sylvain Jolivalt : 3esprits et créatures fabuleuses du Japon : rencontres à l’heure du bœuf »

Richard Freeman « the great yokai encylopaedia”

Notes:

(1) Je vais vous épargner un laius sur le haragei , mais dans la culture japonaise traditionnelle la région du ventre  est considérée comme le siège central des émotions et de  la conscience de l’homme. Je pense également important de souligner qu’il est parfois relaté ça et là que  certains tueurs professionnels et ninjas du japon médiéval aimaient à tuer leur victime/cible en lui enfonçant un pieu dans l’anus, après avoir attendu leur proie  en se cachant au fond du trou des latrines en guettant le moment opportun où la victime allait se déculotter pour faire ses besoins. J’ignore quel est  le degré de véracité historique  de ces récits et je ne sais pas  si le mode opératoire du kappa est une allusion ou non à cela. En tous cas mutiler les intestins de quelqu'un équivalait  donc probablement dans le japon ancien à s’attaquer à la conscience de sa victime. Peut-être cela revient il symboliquement  à  lui ôter ainsi toute possibilité de vie après la mort ? En tous cas Freeman précise que la plupart des victimes des kappas sont retrouvées affichant un large sourire hébété (donc un peu comme s'ils venaient de perdre leur conscience). 

 

 

 

 (2) le kappa est ambigu, ni vraiment méchant ni vraiment gentil, il respecte une certaine étiquette (rei-gi ou reishiki)  qui permet certes d’éviter des conflits inutiles, mais aussi (pour celui qui en maîtrise bien les codes) de faire passer habilement telle ou telle chose « en enrobant » de manière à ne pas froisser l’interlocuteur (voire parfois à duper, mais en veillant à tenir quand même ses promesses, c’est donc du grand art de diplomatie….). La notion de droiture d’âme (Gi) , de respect de la parole donnée, semble avoir été très importante dans le Japon ancien et de nombreux ouvrages du japon féodal la présentent comme une valeur d’origine confucéenne que le Japon féodal a ensuite adaptée (par exemple dans « le clair son des joyaux » du célèbre maitre Takuan). Le kappa de par son son coté ambigu et farceur peut faire penser à l’ambiguité des gobelins et autres lutins farceurs des légendes d’occident, d’ailleurs dans son guide des yokai , Richard Freeman parle de « gobelin des eaux » au sujet du kappa).

 

~~Edit du 17 juin 2016 : ~~Si vous aimez les mythes, contes et légendes vous pouvez consulter mon livre en version papier https://www.amazon.fr/m%C3%A9moires-Galaxytime-diverses-galaxies-%C3%A9poques/dp/1517300428/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1466179089&sr=8-1&keywords=m%C3%A9moires+du+Galaxytime  et en version ebook ici https://www.amazon.fr/m%C3%A9moires-Galaxytime-diverses-galaxies-%C3%A9poques-ebook/dp/B00WY71VC8/ref=sr_1_2?ie=UTF8&qid=1466179089&sr=8-2&keywords=m%C3%A9moires+du+Galaxytime   

 

 

 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 21:42

 

 Dans la mythologie grecque et romaine les néréides sont des divinités féminines de la mer.


Aspect et caractéristiques :

Il s’agit de jolies femmes possédant souvent une queue de poisson à la place des jambes.

Chevaux de mer et dauphins leur servent souvent de monture. Dans leurs mains elles peuvent brandir un trident, un morceau de corail ou encore une couronne. 

Elle vivent  au fond des mers avec Nérée , selon les versions dans un palais ou au fond d‘une grotte subaquatique. Chaque néréide personnifie tel ou tel aspect des mers. Selon certains il semblerait que les néréides aient parfois fait l’objet d’un culte dans certaines villes. Elles sont en effet des divinités protectrices des marins.

Origines

Comme leur nom l’indique, elles sont les  filles que le dieu marin Nérée (antérieur à Poséidon) a eues avec sa sœur Doris. Leur nombre varie selon les versions : elle seraient tantôt 50, 51, 34, 47 ou encore 45.

Nérée est souvent décrit comme un vieil homme doux, calme et modéré dans ses jugements. Il était également devin et ne mentait jamais. Elles se livraient à divers chants et danses en présence de leur père quand il régnait avant Neptune/Poséidon. On peut donc les considérer comme des sortes de muses de la mer.

Je me demande d’ailleurs si cet aspect a été mis en valeur dans le cultissime « Ulysse 31 » dans l’épisode intitulé « Nérée ou la vérité engloutie » : si j’ai bonne mémoire,  L’Ulysse du 31ème siècle y rencontre le peuple de Nérée floué par Poséidon.

Quelques néréides célèbres:

La néréide Amphitrite épousa Poséidon quand ce dernier devint dieu des mers. Elle refusa d’abord de se marier avec lui, mais un dauphin envoyé par Neptune la retrouva au pied du mont Atlas. Elle finit par accepter de devenir femme de Poséidon grâce aux talents de négociation de ce dauphin qui fut remercié en devenant une constellation. Avec Poséidon , Amphitrite donna naissance à un fils : Triton (mon article sur Triton ici  http://www.benoitreveur.info/article-triton-99756335.html).  Parmi les autres enfants de Poséidon et Amphitrite on trouva aussi quelques nymphes marines ainsi que , selon certains, les cyclopes.

Amphitrite se déplace souvent sur son char marin si spécifique : une coquille géante tractée par dauphins et chevaux de mer. Elle commande le cortège des néréides et des tritons (dans les versions admettant plusieurs tritons et non un seul triton). Amphitrite règne sur les mers aux cotés de son époux Poséidon/Neptune. Appolodore admet deux versions concernant la naissance d’Amphitrite : soit fille de Nérée et Doris, soit fille d’Océan et de Thétis.

Galatée est une néréide à qui le cyclope Polyphème voua un amour non partagé (cf mon article à ce sujet ici http://www.benoitreveur.info/article-le-cyclope-polypheme-71513078.html)

Thétis est souvent considérée comme la plus connue des néréides (certaines versions la font non pas fille de Nérée et doris , mais de Chiron ou de Thétys), Elle était d’un caractère doux et son hospitalité devint légendaire. Elle recueillit entre autres HéphaÏstos et les nymphes qui élevèrent Dionysos. Elle  refusa de se marier avec Zeus et finit par épouser un humain mortel du nom de Pelée. Les noces furent célébrées  en présence de tous les dieux mais une déesse avait fait l’objet d’une omission dans la liste des invités : il s’agit de la déesse Eris/Discorde qui pour se venger leur envoya sa pomme qui leur causa divers malheurs  (d’où l’expression « la pomme de discorde »). Thétis et Pelée eurent un fils : le célèbre Achille. C’est Thétis qui baigna le jeune Achille dans le Styx pour le rendre invulnérable, le tenant par le talon , c’est ainsi que son « talon devint son seul point vulnérable puisque non immergé d’où l’expression « « talon d’Achille » désignant un point vulnérable). Malgré ses encouragements à se tenir loin de la guerre, elle ne parvint pas à éviter la mort d’Achille. En revanche ses recommandations permirent à son petit fils Néoptolème de ne pas périr dans une tempête qui décima les navires grecs.

nereiden03.jpg

Néréides source image latein-pagina.de (page sur les « métamorphoses » d’Ovide)

Bibliographie :

« Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine » (J Schmidt, ed. Larousse/France loisirs)

« Grand dictionnaire de la mythologie grecque et romaine » (JC Belfiore, éditions Larousse)

« mythologie grecque et romaine » (Commelin)

« la mythologie » , Edith Hamilton, ed. Marabout

 

 


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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 17:56

 

Le sasabonsam fait partie de la mythologie du peuple Ashanti du Ghana.

Il s’agit d’une créature humanoïde de petite taille (environ un mètre) aux jambes tordues, possédant des crochets à la place des pieds (afin de s’accrocher aux branches des arbres comme les chauves souris, la tête vers le bas). Le sasabonsam possède de grandes ailes de chauve souris de 3 à 6 mètres d’envergure. Cette créature posséderait des dents en métal (l’empire Ashanti travaillait le métal or bien avant les peuples d’Europe). La créature serait velue , aux poils noirs et blansc. Ce monstre pousserait des cris spécifiques, il possède également une queue de serpent lui permettant de se tenir accroché aux arbres de la même façon.    .

Je ne sais pas si cela annoncerait systématiquement une attaque mortelle perpétrée par la créature, mais il semblerait que le sasabonsam aime guetter ses futures victimes en restant perché sur sa branche, puis il leur tombe dessus.

Sources « wikipédia anglophone et le bestiaire D’Aimeric Vacher « Monstres , bréviaire des créatures légendaires ou fantastiques »)

 

 

 

Autour de ce mythe

Si j’ai bien compris les explications du web anglophone, le Sasabonsam serait connu pour parfois manger ses victimes humaines, mais plus souvent pour les tuer en sucant leur sang.A ce sujet je crois important de noter que dans la spiritualité du peuple Ashanti, se faire vider de son sang peut s’avérer très gênant puisque la théorie ashanti de la transmigration/réincarnation se compose de la manière suivante : c’est le sang qui se réincarne à la naissance dans l’utérus maternel, tandis que le principe masculin du défunt va rejoindre ses ancêtres et son âme quand à elle retourne vers le Créateur. (source : « La Terre africaine et ses religions: Traditions et changements » Par Louis Vincent Thomas,René Luneáu)

Je suppose donc que le Sasabonsam suçant le sang (essence vitale) de ses victimes constitue probablement pour les Ashanti une image concernant certains obstacles ou échecs spirituels que l’humain peut rencontrer dans sa quête.

Influence chez les super-héros ?

Je me demande si les scénraistes de chez Marvel ont pensé à certaines caratceristiques physiques du sasabonsam quand ils ont inventé le personnage du super héros Kurt Wagner travaillant pour les X-men sous le nom de code « Diablo »  (« Nightcrawler » dans la version US)

En tous cas Diablo peut lui aussi se suspendre aux branches « la tête en bas » via ses pieds, il possède un appendice caudal préhensile mais en revanche Diablo ne possède pas d’ailes.

 

 

 

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 14:50

 

 

U Winkil’ Aaktun (également nommé « maître de la caverne » ou encore « maître du rocher) est une créature de la mythologie des indiens lacandons (vivant au Mexique,  ils font partie des actuels/derniers héritiers de la culture maya).

Cette créature vit dans une caverne. Le corps du maître de la caverne est de forme humanoïde, mais il possède des griffes de jaguar (et porte une tunique façon peau de jaguar). Dehors sur la roche à l’entrée de la cavité se tiendrait l’empreinte de ses pieds. Malheur à qui toucherait ces traces : alors surgiraient les jambes de ce monstre qui se mettrait à dévorer l’imprudent venu le déranger.

Un mythe lacandon raconte qu’un jour un homme prit son courage à deux mains pour aller couper les jambes de ce maître du rocher. L’entreprise se voulait d’autant plus audacieuse  qu’ U Winkil’ Aaktun possède un pouvoir particulier : si on lui tranche les jambes, ces dernières repoussent immédiatement. L’homme se trouva donc confronté à ces jambes qui repoussaient indéfiniment. Cette créature reste connue pour ne montrer que ses jambes (tandis que sa tête, ses bras et son tronc demeurent à l’abri dans la caverne). Cet homme téméraire finit dévoré par le monstre. Ses proches allèrent donc à la caverne, ne trouvant pas le corps de l’homme dévoré. Les jambes de la créature sortirent et utilisèrent un autre de leurs pouvoirs : elles s’allongeaient.  Ils se relayèrent à plusieurs hommes pour longuement et inlassablement taillader les jambes qui repoussaient au fur et à mesure que les hommes les sectionnaient. Puis à un moment aucune nouvelle jambe ne poussa…. En était-ce fini de la créature ? Ils se rendirent le lendemain matin dans la caverne et découvrirent le corps d’ U Winkil’ Aaktun assis (car désormais sans jambes ?) et sans vie. Leurs assauts de la veille avaient visiblement fini par vider la créature de tout son sang. C’est ainsi que l’on apprit à quoi ressemblait ce monstre qui d’ordinaire ne révèle que ses jambes. En tous cas les hommes qui l’avaient tué la veille attrapèrent une maladie fiévreuse qui fut finalement guérie quand ils prièrent les dieux.

Désormais les gens craignaient de se rendre à la caverne bien que la créature soit morte elle semblait porter malheur à qui se rendrait dans la caverne.

Voici ma source pour cette créature : « Contes et Mythologie des indiens lacandons » par Didier Boremanse.

 

Quand j’ai lu ce mythe ça a évidemment ravivé la fibre nostalgique des « mystérieuses cités d’or ». Je crois inutile de rappeler que le jaguar constitue souvent une figure très importante dans les mythologies et cultures des divers peuples précolombiens d’Amerique Centrale et du Sud.

 

 

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 15:50

 

Cette créature vient d’une légende de Lorraine.

Il s’agit d’un crapaud rouge de taille géante.

Cette créature vivrait dans une grotte dont la porte est formée par un rocher énorme au sommet du Nonnenberg, dans les environs d’Abreschwiller. En effet la légende veut que tous les sept ans un rocher du Nonnenberg s’ouvre automatiquement, laissant apparaître une grotte contenant un trésor : les fées chargées de le garder peuvent alors avoir la voie libre. Un jour un chasseur local nommé Foutchtra surprit l’ouverture de ce rocher : il vit sept fées en sortir et aller se baigner. Il les épia discrètement, puis elles retournèrent à contrecoeur dans la grotte en pleurant. Fouchtra les suivit, muni de son fusil.    Il découvrit dans la grotte un coffre en or massif au sommet duquel trônait ce crapaud-diable qui tenait dans sa bouche la clé du coffre.  Il s’agirait en fait d’un avatar du diable car il proposa à Fouchtra de lui donner le trésor et une des sept fées si en échange Foutchra lui faisait don de son âme.  Mais Fouchtra eut la force de refuser et tira avec son fusil sur le crapaud diabolique, aussitôt tout s’effondra dans la grotte. Fouchtra eut juste le temps de fuir pour se retrouver à l’air libre…. Mais la grotte se trouvait désormais condamnée par les rochers et les éboulis.

Sur le chemin du retour Fouchtra but l’eau de la source où il avait vu les fées se baigner… ce qui lui fit perdre instantanément tout souvenir de ce qu’il avait vu (les fées, le crapaud diable , la grotte  et le trésor).

Source pour ce récit : « Légendes des pays de Moselle «  de Jean Michel Reboul


Autour de cette légende ;

Bien entendu le crapaud au moyen-âge était associé au diable et aux « sorciers » que l’on soupçonnait de servir le diable.    Fouchtra préfère ne pas signaler sa présence aux fées qui se baignent, mais hormis cette différence, cette image classique de l’homme surprenant un bain champêtre de fées dans une source aquatique peut faire penser à un épisode mythologique similaire avec Artémis/Diane. Le chasseur perdant la mémoire après avoir bu l’eau de la source peut faire penser au mythologique fleuve « Léthé », le fleuve de l’oubli. Evidemment un gros crapaud trônant sur un trésor et commandant des femmes qu’il réduit en esclavage peut faire penser à « Jabba the Hutt », mais je doute que cette légende ait inspiré ce personnage de Star Wars.

 

Voilà du moins ce que je crois voir derrière cette légende. 

 

 

 

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 21:27

 

 

Peu de choses sont connues au sujet de cette créature du folklore légendaire normand. On dit « laitice » ou parfois « létiche » ou encore « létice ». L’étymologie de ces termes semble évoquer la couleur blanche du pelage de ces animaux.

Il s’agit d’une sorte d’hermine, de belette  ou de levrette, au pelage blanc (phosphorescent ?), que le promeneur peut croiser la nuit. Contrairement à son apparence de petite taille, le poids de la laitice est en fait au moins égal à une automobile : les vieux livres de légendes disent que la laitice pèse de 2000 à 3000 livres (soit 1000 à 1500 kg).  Cette créature elle aussi est contrôlée par les sorciers bergers/carots.

Selon Pluquet dans « Essai sur Bayeux «  les laitices seraient les âmes des enfants et bébés morts sans baptême. En cela ces laitices pourraient donc faire partie de la vaste famille des divers revenants normands (revenants diseurs de messe, fantômes vengeurs, etc)

Rencontre avec une laitice

Certaines vieilles légendes de laitice affirment que cette créature qui croiserait un promeneur nocturne pourrait sauter sur son épaule et ainsi, écrasé sous cette petite bestiole de plus d’une tonne, le voyageur malchanceux se met tout de même à courir comme il peut car la laitice n’a de cesse de le mordiller dans le but de le faire avancer. La laitice se fait ainsi transporter et quitte le voyageur une fois qu’elle est arrivé là où elle voulait aller puis elle laisse en plan le voyageur ainsi égaré.   (C’est confirmé par Henry Panéel dans son ouvrage intitulé « Contes et légendes de Basse-Normandie »).

Cela ressemble donc un peu aux milloraines et fourolles (cf les précédents articles du blog de la section bestiaire) qui montent à l’arrière du cheval du voyageur nocturne qui a la malchance de les rencontrer.
La laitice possèderait le pouvoir d’apparaître et disparaître à sa guise (selon le texte de G Dubosc « sorcellerie normande » dont l’adresse web d’un extrait figure dans les articles précédents). S’agirait-il là d’une sorte de pouvoir de téléportation ? 

Tout comme la milloraine et la taranne (mon article sur la taranne est trouvable dans les anciens articles du blog) , certaines légendes n’évoquent pas explicitement le terme « laitice », mais constituent de très vraisemblables vestiges d’une vieille légende de laitice.

La levrette blanche

Cela semble être le cas de « la levrette blanche » (facilement trouvable  dans divers livres de légendes normandes). Je vais tenter de vous résumer ce récit (au dénouement certes prévisible)  :

le château en ruines à Saint Goerges de Rouellay  abrite une bien triste histoire. 

Autrefois ce château était prospère et il respirait la convivialité. Mais une épidémie de peste décima toute la famille seigneuriale sauf le fils aîné Raymond , viandard et brute épaisse notoire.  Non content de terroriser la population locale et de ne pas respecter l’écosystème (il traquait le gibier jusque dans les champs), il assouvit sa soif de violence en participant à une croisade. Voici donc Raymond en Espagne, il y fit la connaissance d’un noble local qui lui promit la main de sa fille Isabelle. Mais la guerre ruina subitement ce seigneur espagnol,

Raymond fut donc d’un seul coup bien moins intéressé par ce mariage, car Raymond, se montrait également cupide et calculateur. Le père d’Isabelle demanda à Raymond si malgré sa ruine financière , il voulait toujours épouser Isabelle. Raymond répondit que oui, mais prit la fuite quelques heures après, une fois la nuit tombée.
De retour dans son château normand, notre détestable Sieur Raymond peinait à trouver le sommeil. Il découvrit bientôt que chaque nuit un canidé (une levrette très exactement) au pelage blanc venait japper d’un air plaintif sous sa fenêtre. Au septième jour de ce manège, Raymond, excédé, alla a sa fenêtre et prit son arc, voulant faire taire cette femelle canidée qui rôdait sous sa fenêtre entre l’étang et le château. .. Une flèche partit, mais glissa sur le pelage blanc de la levrette, Raymond tira une seconde fois, sans davantage de succès…. Fulminant et bien décidé à tuer cet animal au pelage « antiflèches », Raymond prit son temps pour armer la troisième flèche, cette fois il visa le cœur…. Et là, Raymond ne rata pas sa cible : l’animal touché en plein cœur poussa un terrible hurlement… Raymond descendit afin de voir le corps de la créature de plus près, , alors la créature commença a l’allonger et a prendre forme humaine… « Isabelle » s’écria Raymond avec stupeur, car c’était bien elle, transformée en levrette blanche nocturne afin de tenter de se rapprocher de Raymond. Notre tyran viandard se voyait alors assailli de regrets lorsqu’ Isabelle lui dit « Raymond, tu n’as déjà tué une fois en Espagne en me laissant mourir de chagrin quand tu es parti sans donner de nouvelles, avec cette flèche tu viens de me tuer une seconde fois » (le récit précise qu’à sa première mort elle aurait obtenu des instances divines la possibilité de revenir sur terre sous forme de levrette blanche afin de recoller les morceaux avec Raymond) . Une malédiction venait alors de s’abattre sur Raymond et sur ce château, qui tomba vite en ruines. Raymond disparut à jamais du château cette nuit là, nul ne sait ce qu’il est devenu. La légende raconte que les eaux de cet étang bordant les actuelles ruines du château ont perdu à jamais leur limpidité le jour ou Isabelle , mortellement touchée par la flèche, s’y engouffra pour devenir une ombre.

Je serais donc  très surpris d’apprendre que cette Isabelle ne soit pas une variante locale de laitice…. (la légende ne précise pas si certaines nuit, le fantôme de Raymond et/ou celui d’Isabelle reviendraient ou non hanter ces ruines de château au bord de l’étang, ni si Isabelle reviendrait parfois ou non sur les lieux sous forme de laitice). 

 Sur http://www.manchetourisme.com/fr/syndication/randonnees-a-pied/detail/ITINOR050V503K1P/SAINT-GEORGES-DE-ROUELLEY/Promenade-et-Randonnee-Le-moulin-de-foulon  on apprend que le nom ancien de cette légende est « la levrette obstinée », le château serait situé au lieu dit de » la planche Bray », il n’en resterait que des douves.

Explication étymologique et historique

Dans son œuvre du 19ème siècle collectant les légendes normandes, Amélie Bosquet explique que l’on peut dire « laitisse » , « létiche » , ou encore « létice ». elle explique qu’il s’agirait en vérité des hermines, car autrefois leur nom était …. létice. Il semblerait que les romains auraient donné le nom « léti » aux habitants de l’Armorique en allusion à cette hermine. Les bretons auraient choisi l’hermine comme symbole.   

 Ce village de « la levrette obstinée/ blanche » n’est pas bien loin de l’actuelle Bretagne , à tel point que sa « Fosse Arthour » reste très liée à la légende du roi Arthur  … L’explication d’Amélie Bosquet me semble donc très plausible.

Il existe peut-être d’autres éléments méconnus concernant les létices, mais voilà ce que j’ai trouvé pour le moment.

 

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 10:21

 

 

  La grouve est une créature propre aux légendes de Lorraine.

Il s’agit d’un volatile géant de très grande envergure ( donc plus grand qu’un vautour). Son plumage est de couleur noire.

Elle sème l’effroi parmi les villageois qui n’osent plus aller en foret et qui redoutent d’aller dans les champs (rares sont ceux qui osèrent aller tenter , en vain, de débusquer la grouve), certaines personnes refuseraient de s’aventurer ainsi à travers champs et foret de peur de croiser la grouve. En effet elle est connue pour posséder des facultés terrifiantes.

Certains racontent l’avoir vue Hypnotiser un mouton qui vient alors à elle, puis elle plante ses serres dans la chair du mouton , et l ‘emmène dans son antre pour le dévorer. D’autres auraient vu la grouve saisir une vache (voire deux vaches en même temps) avec ses serres puis décoller le bovin du sol en le traînant en altitude dans les airs…. Du moins c’est ce que racontent des gens ayant perdu du bétail.

Nul ne sait ou se situe le repaire de la grouve, s’agit-il d’une seule grouve ou de plusieurs grouves ? nul de ne le sait. Que veut cette créature ? est elle autonome ou agit –elle pour le compte de quelqu’un ? le mystère reste entier.

Autour de cette légende :

Dans certains coins de Lorraine les rapaces sont légion, mais ils sont plutôt connus pour manger des mulots. Il se peut que certains spécimens de rapace de grande taille ait induit des craintes que ces oiseaux puissent s’en prendre à du bétail voire à des humains. Je crois que ce terme « grouve «  peut faire penser à la grive.  Mais cette légende me fait surtout penser au griffon (mon article le griffon, ici  http://www.benoitreveur.info/article-le-griffon-54562282.html  ) : un oiseau énorme qui entraîne des bovins dans les airs en les soulevant sans problème,  les mots « griffon »et  »grouve » me semblent présenter une consonance similaire…. . La grouve symbolise-telle une revanche des oiseaux  sur l’homme ?
En tous cas les oiseaux divers (rapaces , etc) adaptés au paysage local font souvent partie du patrimoine zoologique lorrain et ça se retrouve avec des créatures volatiles du légendaire de cette région, par exemple le hiltiti. 

Et justement, dans son superbe ouvrage intitulé » contes et légendes de Meurthe et Moselle », Daniel Dubourg parle de la grouve de Tiercelet. Il y explique que « Tiercelet » n’est pas qu’un nom de commune locale,  il nous rappelle que « tiercelet » est  également un terme désignant le mâle de certaines espèces d’oiseaux de proie (éperviers, faucons, etc) mais d’une taille totale faisant le tiers de celle de la femelle.

Voilà du moins l’état actuel de mes recherches sur le sujet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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