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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 00:41

~~Depuis le succès de la série TV « Vikings » ; un nom connaît un regain d’intérêt. Quid du personnage semi-légendaire de Ragnar Lothbrok (Ragnar Lodbrog), sa vie son œuvre ? Légende et véracité historique s’entremêlent autour de cette figure. Il est souvent considéré qu’il s’agirait d’un Jarl (comte) danois contemporain des 8ème et 9ème siècles après JC. Vous trouverez en fin d’article une intéressante vidéo parlant de divers aspects du personnage. Dans ces versions relatées par ce document notre fameux viking aurait saccagé Rouen, assiégé Paris et vaincu des serpents venimeux. (Son lien direct https://www.youtube.com/watch?v=8jD5GygfsaA chaine youtube de « pour la petite histoire »)

Ouvrages médiévaux sur Ragnar

Le texte intitulé « la geste des danois « (« Gesta Danorum » de Saxo Grammaticus) mentionne le présumé Ragnar. La véracité historique des faits relatés dans cet ouvrage et la manière de les interpréter ont fait l’objet de maints débats sur lesquels je ne reviendrai pas ici (mais pour résumer : il ne pourrait pas s’agir d’un seul et même individu mais de plusieurs personnages historiques compilés en une figure légendaire). Selon la saga du « Dit des fils de Ragnar », ce personnage serait mort supplicié par le roi Aele qui l’aurait fait jeter dans une sorte de trou à serpents venimeux. Mais ce ne sont pas les seules sources mentionnant ce célèbre viking.

Ragnar dans les légendes normandes.

Lodbrog est mentionné dans « Revue de Rouen et de Normandie », volumes 2 à 4 (1834). Il y est écrit que Ragnar régna au neuvième siècle avec son épouse Aslauga/Aslog et que Ragnar et ses fils firent preuve de bravoure en France et Angleterre et étaient tous scaldes. Il y est expliqué que les scaldes avaient une fonction d’ambassadeur devant négocier avec l’ennemi.

Dans l’intéressant livre intitulé « Légendes normandes » (par Louis Bascan, 1913) On trouve un récit titré « Ragnar Lodbrog ». Il y est fait mention de son épouse devineresse Asloga. Elle aurait en vain tenté d’avertir Ragnar des périls qui l’attendaient. Cette version détaille l’épisode de Northumberland dans lequel Lodbrog fut emprisonné par le roi Elle/Aele (décrit comme un lâche). Le héros y est décrit comme ayant vaillamment combattu de nombreux serpents et vipères, seul dans la fosse aux reptiles. La psychologie et les divers exploits légendaires du personnage y sont développés. Tout en se battant une dernière fois pendant plusieurs pages, il confesse avoir quelques craintes (ce qui peut contraster avec les versions le présentant en héros au courage sans faille). L’agonie héroïque de Ragnar seul dans la fosse aux serpents, l’arrivée des walkyries (symbolisant probablement son acceptation de la mort), etc sont contées sur un ton très lyrique. La Neustrie fut évidemment influencée par les « hommes du nord » (les northmen) par la conquête puis le mélange culturel qui donna, à une bonne partie de son territoire, le nom de Normandie (le pays des « north men », les nor-mands). On trouve parfois diverses histoires de chefs vikings dans les légendes normandes tout comme le folklore scandinave engendra visiblement certaines créatures des légendes normandes. Devons-nous lire ce récit « Ragnar Lodbrog » en visualisant des dragons et des serpents gigantesques (puisqu’autrefois « dragon » et serpent » signifiaient la même chose) ?

Selon divers chercheurs, l’épisode de la mort de Lodbrog dans la fosse aux serpents serait peu plausible vu la rareté de certains serpents sur le sol anglais. Une tradition légendaire sur Ragnar, indépendante de la « Gesta danorum » peut avoir existé parmi les « north men « qui colonisaient la Neustrie. Dans ce recueil de légendes normandes (celui de Bascan), Lothbrok est présenté comme un héros historique du passé, conté par un poète/skalde encourageant l’équipage d’un bateau viking qui part attaquer la Gaule. La saga du « dit des fils de Ragnar » aurait été rédigée par des poètes du 12ème siècle. En outre il existerait ou aurait existé d’autres sagas nordiques anciennes vantant les exploits de Ragnar (dont des disparues).

Selon Torfi ash Tulinius (dans « la matière du nord : sagas et fictions légendaires dans la littérature ») il existerait en fait une longue tradition orale et écrite concernant Ragnar. La version de Bascan détaille et explicite superbement l’épisode des serpents évoqué dans la saga du «dit des fils de Ragnar », et présente, en outre, quelques similitudes thématiques avec le texte très ancien intitulé «Ode de Kraka ou chant du cygne de Lodbrok») que vous pouvez lire traduit en français ici http://remacle.org/bloodwolf/nordiques/sagas/kraka.htm

Dans « Histoire de Normandie depuis les temps les plus reculés …» volume 2 (par Licquet et Depping , 1833), Ragnar et Aslaug/Kraka sont mentionnés. Il est expliqué que le Krakumal ou « chant de Lodbrok « (alias « ode de Kraka ») aurait en fait été composé par un habile scalde, et non par Ragnar lui-même, contrairement à ce que croyaient beaucoup pendant longtemps. Cet air aurait été beaucoup chanté en Islande. Sa datation est inconnue. Ces informations Sur Ragnar et Krake/Aslog et le Krakumal viendraient de Benoit de Sainte Maure, poète normand ou tourangeau du 12ème siècle qui écrivit beaucoup sur la vie des ducs. Dans sa chronique des ducs de Normandie (publiée en français plus moderne par Francisque Michel Volume 1, 1836), il y a dans un poème une allusion à Bjorn, fils de Ragnar. Benoit de Sainte Maure aurait écrit « Estoire des dux de Normandie « vers la fin du douzième siècle (circa 1170- 1180), ouvrage inachevé.

La datation de la « Gesta Danorum » (Geste des danois) est elle en revanche estimée autour des années 1185-1208.

En outre dans « Lettres sur le Nord .. et sur l’Islande » (par Xavier Marmier, vers 1841) il est également écrit que Ragnar était scalde. On y lit de manière détaillée la manière dont Lothbrok délivra puis épousa Thora, en tuant le gros serpent qui faisait régner la terreur.

Il y aurait un tas d’autres choses à dire sur Ragnar, Lagertha et Aslaug.

Tout cela me fait penser à une chose : il me faut visionner d’urgence la saison 3 de Vikings http://www.amazon.com/Vikings-Saison-3-Import-belge/dp/B016ULQQGY/ref=sr_1_4?s=movies-tv&ie=UTF8&qid=1448992092&sr=1-4&keywords=vikings+saison+3

Pour finir voici la chanson du fameux générique TV, « If I had a heart » (par Fever Ray) https://www.youtube.com/watch?v=EBAzlNJonO8

Illustration dans cet article : affiche de la série TV, source image : votretalent.com

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 16:51

 


An 2340 après JC , quelque part dans la voie lactée ….

La guerre économique civile faisait rage dans  la galaxie : les martiens,  lésés par la sous-traitance touristique des terriens et des sélénites,  avaient lancé une rébellion  contre ce joug commercial imposé à leur détriment.

Au même moment  sur la Terre, en  Normandie  à  Falaise.

Maiwenn, Lucas et Tancrède se plaisaient à traquer de nuit les traces du passé : dans la terre,  notamment dans les  récemment restaurées douves de l’intemporel  château de Falaise qui culminait dans les environs.

Un soir Lucas trouva un gros caillou sur lequel butait son pied. Tancrède le ramassa . Stupeur et frayeur ! Il s’agissait d’une vieille grenade trouée datant visiblement du 20ème siècle. Force leur fut de constater que le passé faisait à nouveau surface. Toutefois une deuxième surprise survint puisqu’une silhouette éthérée apparut alors devant eux . Il se trouvaient face à cet homme fantôme vêtu d’un treillis que plus personne ne portait depuis près de 300 ans. Il tenait dans sa main un vieux fusil  datant de l’époque antérieure à celle des laser : une vieille mitrailleuse à balles !  Il baissa son arme vers le sol, comprenant que ces adolescents étaient inoffensifs,  et leur adressa la parole  en leur faisant signe de poser cette grenade partiellement trouée (mais non dégoupillée) :

-  « Hey Girl and guys, mon amie mes gars,  je vais vous waconter ma story, mon histowique.  ..Appelez moi Doe. Je veux dire.  Tiou sais , I was born  dans les années 1920 dans la  California. J’ai les red hair. Dans les anciens temps je crois les gens disaient  la rouge hure , mais pas de point d’en rougir, maintenant ce sont les cheveux roux.    J’étais jeune, young,  quand j’ai fait mon military training… Oui je veux dire , mon entwainement militaire,   dans divers training camps. 

J’étais  d’abord aux US,  ensuite je les ai reviou certains gars   dans une bataille de twanchées.  Oui je dis bien  une trench battle   en Normandy en juin 44 vous pouvez le voir dans les vieux documents DVD de l'époque …Ok guy  return  à mon background :  après , j’ai été dans divers camps d’entwainement pour faire mon training , tiou vois d’abord au US army camps ,   puis dans la Great Britain.  J’ai appwis le close  combat avec les plus gwands de l’époque : Applegate, Fairbairn. Il existe des twaces, des tracks,  sur le web des vivants du 21ème siècle.   On se faisait pas de present dans le  combat training.  Vous pouvez créditer mon discourse,   girl and guys, mon amie mes gars »,    expliqua ce soldat mystérieux qui semblait content de briser un peu sa solitude.

« Mais que t’est-il arrivé » demandèrent simultanément les trois pensionnaires buissonniers, intrigués par cette découverte.

 

«  J’ai wetrouwé aussi certains buddies qui sont mort dans la poche de Falaise, c’est ça la magie du tchatline télépathique pour les ghosts,  je veux dire les revenants. Avec ce network  télépathique  j’ai même wetwouvé mes copains californiens qui ont fait la guerre à Okinawa. L’un deux  est mort en 1980.  Le cancer, le crabe,  l’a tué .

Moi j’ai été tué dans un épisode vwaiment de mauvaise fortune  : été 44 , j’étais en vie après  le jour J, je veux dire le D-day.  J’avais sauté en parachute dans la nuit du 05 au 06 juin, attewissage en Normandy . C’était horrible :  le ciel  plein d’éclairs ,  les bombes et le feu partout. Le 06,  le matin le ciel était wouge tiout le temps.  J’étais   à la battle de Carentan, je tenais bon bwef  j’étais ok ça allait bien pour moi. Et apwès  j’awive  pwès de Falaise.. and then  bamm!!!    On patrol de routine dans le chemin pas loin d’ici  le malheur vioulait que je marche sur une mine.   Je l’avais pas view. Je pose et bouge mon pied avec une geste bwusque et boum !!! La mine explode !!… J ‘avais une jambe et une bwas cioupé , le ventwe ouvert en sang , very fucking  bloody, bwef j ‘étais fioutu….. Oh shit I was had ! I was gonna be dead in action !  J ‘allais mouwir ! Le doc  il pouvait pas me sauver. Je le savais. Donc j’ai dit à mon pote Garett de me tuer  avec une balle, I mean a bullet,  dans la tête. Je voulais finir avec un bon coup de cartouche, un strike fatal.  Garett of course  il était en pleur crying, il cwiait de twistesse,  il me disait il pouvait pas, il savait pas. Il était hesitating.  Je lui ai dit ‘fais le Garett, please  do it ! S’il-te plait Garett, tue moi, achève mes souffrances ! ‘.   Garett  hésita un moment.. et m’a tué ! J’avais achieved mon objectif. Garett c’était mon meilleur ami dans ma Platoon, I mean  ma section »   expliqua Doe, ses mâchoires se crispant au fil de l’évocation de ces douloureux souvenirs.

- «  Pourquoi es-tu encore ici ? C’était il y a longtemps.  Comment et pourquoi es-tu devenu un revenant ?  » s’enquirent les trois jeunes, désireux de mieux comprendre l’actuelle situation de Doe.

        «   Well at last , finished suffering,  fini de souffrir. Je croyais ça , ..puisque je venais juste de mourir , mais je n’avais pas preview une chose : apwès au ciel , dans le judgement des angels  on m’a refused même le purgatory  puisque j’avais commis une sorte de suicide. Oui,  in english we say commited suicide,  tu vois ce que je veux dire,  en  demandant à un ami de m’aider pour mourir…. Et les anges ils aiment pas ça ! Parfois j’ai des sortes de regrets d’avoir dit à Garett de me tuer.  Le pauvre Garett !  Il doit avoir une mauvaise conscience. Mais il a été victime de la situation, comme moi … Mais c’est compliqué :  un gros dilemma ! Même 4 siècles plus tard j’ai pas twouvé de response  à ce pioutain de dilemma ethics d’euthanasia . Donc maintenant je hante les douves de ce castle .  J’ai jamais eu le paradise ni le purgatory. That’s not  fine now I confess, je me piss off, really, je le confesse :  je me fais chier dans ce pioutain de trou des douves du cassole , oui un sacwé castel. Tu sais,  « le château » comme vous dites dans le  fwancais.  Je suis vwaiment un gwos fool  de pas avoir fait un deal avec les anges  du paradise comme il avait fait le soldier Pimpernelle de vos ancient contes de la Normandy !  Le sergent de ma section il me  disait souvent : « un wèglement ca s’adapte et ca se contourne » :  un gros U -turn, I guess.  C’était un sacré gaillard ce Pimpernelle des contes de la Normandy. Ce Pimpernelle  je devine c’était pas un bad guy, non mais  intelligent Guy , un gars futé je pense , mais pas un gaillard rude.  Tiou sais Pimpernelle c’est le mec il a launché son magic sack   dans le paradise,  il a fait un souhait et maintenant il est au paradise pour l eternity, very intelligent guy ce gaillard Pimpernelle ! »  expliqua Doe , d’un air à la fois lucide et résigné.

De nombreuses questions vinrent alors assaillir le for intérieur de nos trois jeunes gens.

« Je me souviens en cours d’histoire au bahut avoir appris que la guerre fit rage dans la région au 20ème siècle. Je chercherai,  dans la bibliothèque virtuelle, ce vieux conte de Pimpernelle » répondit Lucas, intrigué par cette découverte.

- «  Mon gars, my guy , look, je veux dire wigarde un peu  ça a beaucoup changé depuis l’époque de  ma centurie. Mais je fais mes updates télépathiques. Ce castel de Falaise c’est celui du  duke qui a conquis la gwande bwetagne . Son nom était Guillaume, les gens disaient il était un bastard. Les légendes anglaises des ghosts , des goblins ,  etc c’est twès Normandy aussi, tu sais c’est twès similar. C’est le même cultural origin , tu sais je veux dire.. »   ajouta Doe,  le soldat fantôme.

Maiwenn demanda :  « aille âme euh Geurle , I have leurnaide the ingliche a véiry fiou , donc je le dis en Français pardonne moi, à l’école on fait sélénite première langue et martien deuxième langue. Comme tous les terriens de mon âge j’ai pris anglais sixième langue. , mais comme mes deux amis je parle donc très bien le sélénite. Je voulais vous demander , monsieur Doe : est-ce qu’il y a des gobelins dans le château ? « 

« Tous les châteaux et maisons de l ancienne Normandy avaient leur goblin, les normands ils appellent ça les « goublin ». Nous dans ma langue on dit les goblins, je sais j’ai dormi dans une ferme normande un peu avant ma mort. J’adorais boire les verres de calvados et le cidre avec eux », répondit Doe , semblant regretter de ne plus pouvoir goûter aux joies des humains.

- «  Mais vous ne faites plus rien ? »  demanda Trancrède, ivre de curiosité.

«  Tu sais mon gaillard je prends ma revenge  sur la vie comme je peux, tiou sais les crabes geants  que l’autwe fou il avait lancé dans la voie lactée.  Ils viennent parfois la nuit  dans le château… je te dirai pas si j’ai vu aussi des goblins dans ce castel. Mais well… how could I say it in french ? …hummm un  de mes amis revenants m’a donné une arquebiouse spirituelle laser…. Mais je ne vous dirai pas s’il y a des gobelins/goublins des ancients temps dans ce château de Falaise, ça est ma sicwaite,  je veux dire  my secret.

Mais just une evidence : wigardez bien dans votre intérieur : le goblin il aime aller dans les failles et les chimney ……… Vous devez partir vite devant l’émergence du goblin.

Anyway ,  avec cette arme laser je  suis usé de chasser ces pioutains de crabes de Cancer, je wepense à mon vieux ami dans ces moments…à lui et à mon autw’ami Garett ! C’était deux sacwé fioumeurs. Usuellement  on fioumait on biouvait beaucoup pendant le guerre, c’était le seul solution pour siouporter ce stwess de merde !  Garett il à hésité avant de me tuer, mais d’habitioude  il avait la cartouche facile,  j’avais plein de projects apwès mon Tour of Duty, mais je suis mort en Normandy dans cet enfer du devoir »  ajouta Doe, la larme à l’œil avant de prendre congé de ces jeunes gens.

 

Nos compères chercheurs de légendes venaient d’assister au « Retour du G. I. »,   survenant souvent  le  jeudi …

Doe  qui venait de disparaître à nouveau ne dit pas ce qu’était devenu son ancien  auxiliaire d’euthanasie , du moins si Garett n’était pas encore parti en griller une…

Des décennies plus tard les jeunes du pensionnat de robotique spatiale de Falaise se plaisaient à « faire le mur » en se hâtant vers les douves, de préference  le jeudi. Ces adolescents des 24 et 25èmes siècles rencontreront -ils un éventuel gobelin dans le château de Falaise ?

Doe viendrait-t-il à bout des hommes crabes géants ? Si tant est que Doe ne les ait pas confondus avec des goubelins  aimant jouer des tours en exploitant les désirs humains.  Ces goublins/gobelins polymorphes, métamorphes se changeaient jadis en animal   ou en géant afin de mieux duper les gens…

Mais qu’étaient donc ces récurrents bruits nocturnes  étranges qui provenaient souvent de la vieille cheminée de ce pensionnat Falaisien du 24ème siècle ?  Que voulait exactement  ce petit chat  qui , en début de cette soirée du 24ème siècle,  venait de proposer  à nos trois adeptes de l’école buissonnière  un marché leur promettant la solution aux prochains sujets d’examens  ?

Qu’est-il advenu de la grenade non dégoupillée à laquelle Doe semblait tenir ? D’aucuns se plurent à imaginer qu’il la gardait en souvenir de son ami Garett, probablement décédé peu de temps après  ce Doe qui n’était pas près de livrer tous ses secrets…

Vers le début  du 26ème siècle, certains prétendirent parfois avoir aperçu un fantôme de soldat d’une époque révolue. Ce dernier serait  muni d’une arquebuse laser, tenant en  bandoulière une vieille mitraillette du 20ème siècle. Le gens se promenant dans les parages guettaient toute possible trace de  grenade non dégoupillée, surtout si cette dernière était trouée, ce soldat errant venait d'entrer dans les légendes des siècles futurs….

Concernant ce mythique juif errant que les normands nomment soldat Pimpernelle, certaines versions ultérieures le supposèrent sélénite, vivant sur la lune totalement détaché des matérialités terrestres (voilà aussi pourquoi la légende normande l’avait doté d’un sac lui permettant d’engloutir ce qu’il voulait : cela restait donc bien naturel de voir qu’il ne se souciait pas de possessions et se sentait invulnérable concernant les contingences matérielles). La paix était revenue depuis longtemps sur la Lune lors de cette lointaine époque ultérieure.

Il ne fallait pas oublier que Pimpernelle étant à l’origine un soldat venu en aide à son prochain,  certaines versions postérieures au vingt –sixième siècle supposèrent ou comprirent donc que Doe était ou devint Pimpernelle ( vraisemblablement lorsqu’il finit par déloger les légendaires hommes crabes géants et/ou gobelins définitivement hors du château qui retrouva sa tranquilité à jamais). Notre ami traqueur de créatures s’ennuyait seul dans la forteresse désormais sécurisée. Il venait donc de sauver la ville de Falaise une seconde fois.  Un sac magique cher à la légende ancienne serait alors tombé du ciel. Une voix venue des cieux lui aurait expliqué : «je n’en ai plus besoin, prends le » . Mais nul ne parvint vraiment à savoir ce qu’il en fut ou pas à ce sujet.

Toutefois d’autres chroniqueurs du 28ème siècle affirmaient que Doe/Pimpernelle n’ayant probablement pas pu obtenir le paradis chrétien pour cause d’euthanasie,   la déesse Diane/Selené le récompensa probablement pour son travail de chasseur de monstres en lui ouvrant la porte du paradis sélénite. Diane/Sélené , déesse de la chasse, divinité liée à la lune,  ne pouvait qu’admirer et respecter le travail de ce soldat errant.  Doe, était Juif americano/Normando/irlandais puis devint sélénite d’adoption. Son esprit s’incarna ou se réincarna-t-il  alors dans un corps de créature sélénite ? Son âme monta t elle seule au paradis lunaire ? Bah peut-être ben qu’oui peut et’ ben qu’non …

 

En tous cas il semblerait, selon d’autres , que ce sympathique soldat se fit plein d’amis sur cette nouvelle planète. Les gens comprirent ensuite qu’il donna d’abord « Doe » aux ados du vingt quatrième siècle en guise de « nom de soldat inconnu « car il souhaitait dissimuler son légendaire et véritable nom normand que tous connaissaient désormais …. Il ne faisait plus les cent pas dans les douves du château de Falaise (de nombreuses versions post 26ème siècle semblent s’accorder sur ce point),  ce Pimpernelle du futur errait-il au fin fond d’un cratère lunaire ?

Lors de ces lointaines époques ultérieures, bien après le 28ème siècle quand Pimpernelle/Doe vivait peut-être sur la lune, les gens de Falaise pouvaient parfois encore croiser un fantôme de soldat certaines nuit aux abords des douves, souvent avec une clope au bec le rendant aisément repérable en pleine nuit  ,mais il s’en fichait :  son corps éthéré bénéficiait évidemment d’une invulnérabilité. Il gardait une grenade trouée en souvenir d’un ami disait-il.  Quand les ados pensionnaires » faisant le mur » lui demandaient son nom lors d’une rencontre nocturne, il répondait : Garett

Les jeunes ne pouvaient alors s’empêcher de commenter :  « ok we see  Garett »

 

 

FIN

écrit par Benoit Rêveur (ce texte est protégé)

Notes de Background :

 

Le classique conte Normand « le soldat Pimpernelle » est parfois titré « Pimpernelle »  cf http://www.benoitreveur.info/article-pimpernelle-92609928.html (un conte riche en symboliques diverses… )

 

Concernant le thème des gobelins,  j’ai déjà écrit quelques articles blog, qui ne suffisent pas à faire le tour de ces anciennes et inépuisables créatures

NB : je n’ai  trouvé aucune source écrite de légende classique de gobelins qui hanteraient le château de Falaise, mais il est  depuis longtemps communément admis que chaque château et demeure normande ancienne possédait autrefois son gobelin attitré…

 

Source image :  he-man.org    (il s’agit ici  d’une figurine de  l’homme crabe « Clawful » (alias « Crassor » en VF) de la gamme « He man/Musclor » connue de tous les enfants des années 80 ) 

 

6inch_clawful_front_full.jpg

 

 

 

 

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 00:11

 

 

    Cette créature a visiblement emporté avec elle certains de ses secrets. Entre réalité historique et légende, cet animal mystérieux a fortement inspiré la littérature et le cinéma.

Certains ont même estimé qu’il s’agissait d’un loup garou ou d’une créature surnaturelle. La bestiole aurait survécu à un coup de lance qu’une jeune femme lui porta en pleine poitrine…

Elle se serait également montrée peu sensible à certains tirs d’armes à feu (la poudre se trouvant  alors abîmée par la pluie).

Le reportage intitulé « sur les traces de la bête du Gévaudan »  (ici http://www.youtube.com/watch?v=m8qNrVOSnIY )   retrace la chronologie (1764-1767)  des faits historiques généralement admis concernant la bête du Gévaudan.

18ème siècle , Terre de Gévaudan. D’abord ont lieu les premiers massacres constatés (en juin 1764), perpétrés contre des femmes retrouvées dénudées et égorgées. Des chasseurs et pisteurs de métier sont envoyés sur place afin d’enquêter et de mener des battues, d’abord en vain. Les exactions de la bête continuent. Un officier des chasseurs professionnels dépêchés par le roi finit par tuer un loup énorme, mais d’autres attaques similaires débutent ensuite. Entretemps un homme du coin, nommé Chastel, a maille à partir avec certaines personnes incarnant le pouvoir local. Chastel se retrouve mis à l’écart. Les agissements de la bête semblent  diminuer pendant la captivité de Chastel. De nouveaux massacres ont lieu, le monstre semblant faire à nouveau surface. Une nouvelle équipe de chasseurs et enquêteurs est envoyée en Gévaudan. Ces derniers tentent sans succès de tuer la bête qui sévit toujours. Une jeune fille d’environ 19 ou 20 ans parvient à planter une pique (ou lance ) dans le poitrail de la bête : elle mit ainsi son monstrueux agresseur en fuite. Puis lors d’une ultime poursuite infructueuse pour les chasseurs/enquêteurs, la bête se retrouve comme « rabattue » vers Chastel qui tombe seul nez- à nez avec l’animal. Chastel tue la bête d’un tir d’arme à feu. Les attaques cessent. L’histoire s’achève ici ; mais la légende était désormais née…

 Les deux loups énormes abattus pèseraient chacun 60 Kg environ.

Voilà un résumé approximatif des  faits  généralement admis, dans l’ordre ou le désordre, à quelques éléments et nuances près, selon les versions.

 

Certains films tels « le pacte des loups » ou encore « la bête du Gévaudan » développent diverses théories. Selon les versions et les oeuvres, Chastel joue parfois un rôle encore différent (comment savait-il aussi facilement où se trouvait la bête ? Comment se fait-il  que la bête cessait ou ralentissait son activité pendant la captivité de Chastel ? Ce dénommé Chastel était-il en fait le maître dresseur de ces loups massifs ? Aurait-il ainsi tué son deuxième loup avant que ce dernier ne se retourne contre son maître ? )

Un ouvrage de Claude Seignolle (de la série « contes et légendes des pays de France ») mentionne une version plutôt auvergnate de la bête du Gévaudan, tandis que le récent ouvrage de N. Lazzarini mentionne une version de Languedoc Roussillon (dans « contes et légendes de Languedoc  et du Roussillon »  ).  Ces deux livres soulèvent clairement  deux questions  demeurant entières :

1) le mode opératoire de la bête (victime dénudées et égorgées) ne laisserait-il pas penser à une mise en scène ayant impliqué la complicité d’au moins un être humain ?

2) On dénombre deux loups massifs qui furent tués (un par un officier, le second fut occis par Chastel) : en vérité combien y avait il de loups massifs ? Etaient-ils en fait plus de deux loups de ce gabarit?

Cette légende de la bête du Gévaudan peut –elle se recouper avec certains thèmes de légende et de symbolique sur les loups, les loup garous et simili ?  L’effroi suscité par la bête du Gévaudan représente-il l’archétype même de certaines peurs humaines très profondes  ?  

Voilà grosso modo  les grandes lignes de ce qui concerne la légende de la bête du Gévaudan

 

 

Une image célèbre de la bête du Gévaudan (source image gevaudan.com  )

 

bete-gevaudan

 


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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 17:21

 

 

Certaines légendes de certains coins deviennent quasi oubliées….. C’est probablement le cas pour le massif de Misery, situé à la sortie de la  commune gatinaise de Vayres –sur-Essonne.

La roche au fées

Il semble s’agir d’un simple jeu de mots…. Quoique…

En me renseignant auprès des habitants du village j’ai appris que parmi les nombreuses roches situées dans le bois que traverse la route forestière reliant Vayres-sur Essonne à la commune de Bouville  se trouve la « roche chauffée » (en forme de cheminée et soit disant plus ou moins calcinée) qui a aussi parfois donné lieu au nom de « roche aux fées »…..

Quelle histoire éventuelle de fées peut se cacher derrière cette légende ? Je ne suis pas parvenu à le savoir… Et ce n’est pas faute de m’être documenté…. Le doute reste permis mais il est plus vraisemblable que ce terme « roche au fées «  vienne en réalité d’un simple jeu de mots homophonique avec « roche chauffée »… (C’est du moins ce que j’ai pu apprendre par les habitants du village qui semblent plutôt pencher pour cette hypothèse). 

Existait-il jadis une légende oubliée faisant de cette roche creuse un repaire des fées voire un « portail dimensionnel «  reliant le monde des fées à celui des humains ?

La Roche aux Fées, Vayres-sur-Essonne

la roche chauffée (source image http://fr.topic-topos.com/la-roche-aux-fees-vayres-sur-essonne ) :    le trou en bas de la roche était-il supposé former la « porte d’entrée «  d’une demeure des fées ?   Sur le lien donné ci-dessus on apprend :

 

« La Roche aux fées à Vayres-sur-Essonne est appelée aussi "Roche chauffée" et tient son nom de l'espèce de cheminée naturelle s'ouvrant dans sa cavité intérieure.

À l'intérieur de la grotte se trouvent des dessins rupestres variés. Cette dénomination assez classique de « Roche aux fées » désigne souvent les blocs erratiques gravés de signes rupestres.

« (source :  http://fr.topic-topos.com/la-roche-aux-fees-vayres-sur-essonne)

 

En revanche, sur un plan historique, des traces humaines très anciennes ont bien été retrouvées non loin dans des cavités rocheuses à Milly-La-Forêt (la « grotte à la chaise percée ») et à Boutigny-sur-Essonne (la « grotte de la chauve souris » et la « grotte de chatillon »). (source sur ces pétroglyphes essonniens : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pica_0752-5656_1998_num_3_1_2288 )

Table du roi 

En tous cas ,  il semble bel et bien exister des traces gallo-romaines dans ces bois du massif de Misery: parmi ces innombrables roches, en plus de la roche chauffée se tiendrait la « table du roy » , parfois nommée « dolmen du roi » ou encore « table des gaulois »…. Mais la légende locale voudrait que pas ou peu de gens ne connaissent son emplacement exact….. Quoi qu’il en soit j’ai trouvé  ceci    :

 (image table du roi….) source image : http://mairievayres.free.fr/index.php?page=histoire

Le «  dolmen du serpent » ?

  D’aucuns affirment que d’autres roches de ce massif de Misery présenteraient ça et là des motifs rupestres sur lesquels ont sait pas ou peu de choses.  En voici probablement un dans le paragraphe suivant….:

A Vayres-sur-Essonne,  je suis allé cet été  dans la garenne située au bout du chemin longeant le terrain de sports

 (donc :  après être passé devant l’école, terrain de basket, toujours tout droit  en passant devant le lotissement puis encore tout droit en  empruntant le chemin menant au  terrain de foot, puis toujours tout droit en  traversant/longeant ainsi le terrain herbeux servant à certains petits avions… La garenne se tient quelques dizaines de mètres après… Elle ouvre sur deux sentiers parallèles, distants de deux ou trois cent mètres l’un de l’autre (parallèles à la route départementale sortant du village).

J’ai emprunté tour à tour ces deux sentiers jusqu’à la sortie de garenne…  Sur celui situé le plus à l’ouest (donc le plus éloigné de cette route départementale parallèle) , en fin de chemin après environ 5 minutes du marche, peu avant la sortie de cette garenne, j’ai trouvé…. Une demi douzaine de roches aux formes variées,  situés en cercle ou en ovale dont une  plus grosse qu’un boeuf !!!!!!  

Quand on arrive par ce chemin,  la roche la plus grosse est la première que l’on voit,. Sous cet angle de vue j’ai cru y reconnaître une vague forme de tête de serpent ou de dragon posté en sentinelle. Mais sous un autre angle de vision, sur l’autre versant de ce rocher, on croit y apercevoir une sorte de voûte sur le haut  qui peut faire penser à un travail humain très ancien…..

Donc nous avons : une vague forme de tête de serpent évoquant aussi vaguement un dolmen mal dégrossi et possédant une voûte, 5 ou 6 autres roches disposées en cercle alentour  , le tout en lisière d’une garenne……Tout cela suffit aisément à enflammer mon imagination. Ce jour là j’ai donc aimé croire y voir des traces de légende oubliée ou de vestige archéologique connu des seuls promeneurs locaux… 

J’imagine la scène : un serpent géant ou dragon montant la garde sur un sanctuaire forestier  formé de roches disposées en cercle.


En tous cas aucun habitant du coin n’a pu me renseigner sur ce  cercle des 5 ou 6 roches   ni sur la roche/dolmen « tête de serpent »  ….

 

 Photo0653

Sur le haut de la « roche au serpent », la présumée  voûte sculptée. 

 

Photo0652

Voilà (ci-dessus) la vue qui s’est offerte à moi en arrivant , j’ai aimé y imaginer  une  éventuelle tête de serpent/dragon qui serait ici placé de trois quarts/dos….

Encore la même roche , sous un troisième angle de vue


 Photo0643

Elle vous fait penser à une tête de serpent géant à la gueule grande ouverte ,ou plutôt à un crapaud géant ?   -) 

 


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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 17:31

 

 

Dans la région PACA, la plaine de La Crau abrite une sympathique légende digne d’un péplum mythologique. Il s’agit d’un secteur délimité par les villes de Salon de Provence, Arles, Saint Martin de Crau, Istres, Fos sur mer, etc… (Donc à ne pas confondre avec le village varois nommé« La Crau »  qui, lui, est  situé près de Toulon).

La Légende

Dans une époque très lointaine, des géants fils de Cain étaient les rois du territoire de la Crau. Mais touchés par un « syndrome d’Icare » ils chopèrent le melon au point de vouloir régner pas seulement sur le sol de la Crau, mais aussi sur l’espace aérien.

Ils se mirent donc en tête de prendre la place de Dieu.

Pour cela ils auraient déraciné et déplacé des montagnes, puis les auraient empilées afin de se former une sorte d’échelle (dont les Alpilles alors entassées sur le mont Ventoux). Mais Dieu les avait vus venir, et riposta de la manière suivante : il ouvrait sa main dont ‘échappèrent L’ouragan, la foudre et le mistral. IL semble en avoir découlé une tempête remuant roches et flots, au cours de laquelle les géants périrent enfouis sous les galets. Tel était le prix qu’ils durent payer pour leur comportement présomptueux. La légende locale raconte que ces géants reposeraient encore de nos jours sur les roches de la Crau, dans la plaine. Il semblerait que ce soit vers cet endroit légendaire que le canal local fut creusé.

Dans « contes et légendes de Provence » (qui m’a bien aidé pour écrire cette première moitié de l’article), N Lazarini   nomme cette histoire et cet endroit « le tombeau des géants". 

 

Explication?? 

La plaine de la Crau comporte un grand nombre de galets semblables à des pierres polies. ». Dans son ouvrage N.Lazzarini ne le nomme pas , mais, pour ce « tombeau des géants » il me semble s’agir du site accueillant le canal de Craponne. 

Cette légende me semble mêler allègrement mythologie Grecque et mythe biblique.

 Dieu envoyant la foudre me semble clairement porter des traces du Zeus Grec. En revanche pour les vents Ouragan et Mistral qu’il envoie contre les géants on pense clairement au Dieu Grec Eole. 

 

Les galets de cette plaine de la Crau semblent pouvoir représenter les ruines de cette « tour de Babel » que les géants formèrent en empilant les montagnes. 

En tout cas un épisode célèbre de la mythologie grecque me semble très clairement à l’origine de cette légende :

Lorsque Zeus et ses frères dieux prirent le pouvoir après la bataille contre les titans, les géants finirent par se révolter contre les dieux. Ces géants possédaient une force surhumaine, des pieds en forme de serpent , certains d’eux avaient cent bras et cinquante têtes (donc des centimani/hécatonchires… mon article « les hécatonchires » ici  http://benoitreveur.over-blog.com/article-les-hecatonchires-68299125.html  ) Ils empilèrent des montagnes (Ossa Pélion et Olympe) pour monter jusqu’au ciel et renverser les dieux. Dans certaines versions il semblerait que Zeus foudroya les géants, que les géants bombardaient les dieux de rochers qui devenaient îles et montagnes en retombant au sol, et aussi que les dieux durent demander de l’aide à Hercule pour les aider à vaincre les géants. Le redouté Typhon fut un des plus difficiles à vaincre parmi cette armée de géants. 

Après avoir vaincu les révoltés, Zeus les plongea selon les uns dans les profondeurs inquiétantes du Tartare, selon d’autres il les dispersa dans divers autres secteurs souterrains… (en les enterrant vivants). 

Il se peut que je me trompe, mais voilà du moins mes impressions sur cette légende

Sources

« contes et légendes de Provence ». N. Lazzarini

« contes et légendes de la bible » Michèle Kahn

« mythologie grecque et romaine » Commelin

 

 

 

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 18:05

 

 

Investigation sur le lac des damnés

Les légendes de village englouti se retrouvent dans bien des régions. On pourrait trouver ces histoires interchangeables tellement le sujet peut sembler bateau. Mais ces similitudes sont trompeuses.    Il y a presque 3 ans, j’avais écrit un fil de trois articles sur les « villages engloutis » d’eau douce. Je l’ai supprimé  du blog car depuis mon avis a changé.

Je vous propose dans ce texte mon enquête perso sur le « lac des damnés », situé en Normandie près de Flers.

LE LAC DE FLERS

Voici d’abord une version de cette légende :

« Près de la ville de Flers se trouve un bois dans lequel est renfermé un étang, ou plutôt un petit lac. Ce lieu est silencieux et isolé, et le mirage des grands arbres estompe la surface du lac de teintes si sombres qu’on se prend à rêver de quelque effrayant mystère qui se cache, comme un limon impur, au fond de ces eaux dormantes.

Il y a beaucoup, beaucoup d’années, dit la tradition, existait, sur cet emplacement, un couvent, fondé par un pécheur repentant, en expiation de ses péchés. Durant les premiers temps de la fondation, les moines menèrent si sainte vie que les habitants de la contrée environnante accouraient en foule, pour être édifiés de leurs pieux exemples et de leurs touchantes prédications. Mais le couvent devint riche et somptueux, et, peu à peu, les moines se départirent de la stricte observance de leur règle. Bientôt, l’église du monastère demeura fermée, les chants religieux cessèrent de retentir sous ses voütes, une clarté triomphante ne vint plus illuminer ses sombres vitraux, et la cloche de la prière ne fit plus entendre son tintement matinal pour réveiller tous les coeurs à l’amour de Dieu. Mais, en revanche, le réfectoire, réjoui de mille feux, ne désemplissait ni le jour ni la nuit; des choeurs bachiques, où perçaient des voix de femmes, frappaient tous les échos de leur sacrilège harmonie, et les éclats d’une folle ivresse annonçaient au voyageur et au pèlerin qui passaient devant l’enceinte du monastère que le sanctuaire de la dévotion et de l’austérité s’était transformé en une Babel d’impiétés et de dissolutions.

C’est ainsi, il arriva que, la veille d’une fête de Noël, les moines, au lieu d’aller célébrer l’office, se réunirent pour un profane réveillon. Cependant, quand vint l’heure de minuit, le frère sonneur étant à table avec les autres, la cloche qui, d’ordinaire, se faisait entendre à cette heure pour appeler les fidèles à la messe, commença a sonner d’elle-même ses plus majestueuses volées. Il y eut alors, dans le réfectoire, un moment de silence et de profonde stupeur. Mais un des moines les plus dissolus, essayant de secouer cette terreur glaçante, entoura d’un bras lascif une femme assise à ses côtés, prit un verre de l’autre main, et s’écria avec insolence: « Entendez-vous la cloche, frères et soeurs ? Christ est né, buvons rasade à sa santé! » Tous les moines firent raison à son toast, et répétèrent, avec acclamation: « Christ est né, buvons à sa santé! » Mais aucun d’eux n’eut le temps de boire: un flamboyant éclair, comme l’épée de l’archange, entrouvrit la nue; et la foudre, lancée par la main du Très-Haut, frappa le couvent, qui oscilla sous le choc, et tout à coup s’abîma à une grande profondeur dans la terre. Les paysans, qui s’étaient empressés d’ accourir à la messe, ne trouvèrent plus, à la place du monastère, qu’un petit lac, d’où l’on entendit le son des cloches jusqu’à ce que le coup de la première heure du jour eüt retenti.

Chaque année, disent les habitants du pays, on entend encore, le jour de Noël, les cloches s’agiter au fond du lac; et c’est seulement pendant cette heure, où les moines sont occupés à faire retentir le pieux carillon, que ces malheureux damnés obtiennent quelque rémission aux tourments infernaux qui les consument de leurs plus dévorantes atteintes. »

 Auteure: Amélie Bosquet, 1844 ( Le Lac de Flers )

(source web http://www.dark-stories.com/le_lac_de_flers_legende_normandie.htm

L’ATLANTIDE ET LA SANCTION DIVINE

Certes nous voyons là une fois de plus le thème de la punition divine par engloutissement sous les eaux (grand classique des légendes de village englouti), mais l’origine mythologique varie dans ce genre de légende.

Autant le « lac de Saint Point » (franche Comté, cf mes deux articles blog à ce sujet) semble très clairement inspiré du mythe de Philémon et Baucis, autant je serais surpris si ce « lac de Flers » ne venait pas du mythe de L’Atlantide.

Je vais ici me contenter de comparer avec une des sources que je crois les plus sérieuses , c’est-à-dire l’évocation de L’Atlantide  par Socrate et Platon dans « Timée «  et « Critias « :

située au delà des colonnes d’Hercule, l’Atlantide est  d’abord dirigée par Atlas, le pays est ensuite  divisé en 10 royaumes ,  il est prospère , abondant en ressources naturelles. Parmi ces dernières on trouve l’orichalque (un métal précieux légendaire, repris par la SF dans la cultissime série « les mondes engloutis »). Poséidon était le dieu tutélaire de l’Atlantide. Le palais principal est particulièrement majestueux ( sur un mont avec des douves concentriques) ; il existe aussi une colonne sacrée sur laquelle sont gravées les lois à respecter en Atlantide. Les héritiers des royaumes se succèdent et s’enrichissent. D’abord  »vertueux » ( c-a-d respectant les lois inscrites sur cette fameuse colonne et méprisant l’excès de richesse matérielle), ils finirent par devenir égoîstes, mesquins et délaissèrent le culte divin. Zeus le leur fit payer en faisant engloutir l’Atlantide en un jour et une nuit (le temps que le continent s’enfonce sous la mer).

Une communauté de gens, d’abord vertueux et pieux, qui  ensuite s’enrichit et se corromp, recevant alors la sanction divine d’engloutissement sous les eaux : la trame du « Lac de Flers » me paraît inspirée de celle du mythe de l’Atlantide.  Dans ces légendes, l’idée de sanction divine n’est donc pas d’origine chrétienne.

Dans ces deux histoires, se retrouver englouti au fond des eaux semble symboliser la « damnation » ( les premiers titans étaient relégués dans les entrailles de la terre, les suppliciés du tartare semblaient ne jamais voir la lumière du jour, et  l’âme des moines chrétiens débauchés ne pouvait pas « monter au ciel ». Je vous, épargne ici une éventuelle comparaison avec les différentes « strates infernales » décrites par Dante).

Certaines versions ont remis le « lac de Flers » au goût de l’époque : on trouve le terme « moines libertins » probablement pour signaler que cette version n’est pas antérieure au « siècle des lumières » et pour marquer les luttes de l’époque entre religieux et athées, Le schéma du mythe de l’Atlantide s’adapte très bien aussi à ces versions là. 

EVOLUTION ET CONTEXTE DU RECIT

Concernant l’Atlantide , il serait long de citer tous les films de série B et autres oeuvres inspirées de l’Atlantide. Je vais donc citer une extrapolation moderne du mythe Dans les bandes dessinées de Marvel, on trouve le super Héros « Namor », prince d’Atlantis (son royaume sous marin à l’architecture « grecque antique »…)

Je crois que l’interprétation mythologique/symbolique  varie selon le village englouti traité (par exemple le  récit du « lac de la Maix » en Lorraine est très différent du « lac de Saint Point «  et du « Lac de Flers »).

Contrairement au « Lac de Saint Point » la fin du récit n’ouvre pas de perspective sur la rédemption à proprement parler, mais sur les plaintes  (les regrets ?) des damnés. On notera tout de même qu’en début de récit le monastère de Flers, fut fondé par un pêcheur repenti. Le thème de la rédemption semble donc présent d’une manière différente du « lac de Saint point » , ce « lac de Flers » cherche-t-il à dire que « l’enfer est pavé de bonnes intentions » ? (Un monastère crée par un repenti finissant en « lac des damnés……est ce là une histoire d’échec de rédemption ? ) . En tous cas on croit sentir poindre le thème du pardon  (la rémission citée en fin de récit, bien que temporaire, le soir de Noêl, mais les dernières lignes du récit décrivent ces moines damnés comme des victimes de leurs tourments plutôt que comme des gens malfaisants). 

Certains récents lacs artificiels peuvent très bien dans quelques générations donner lieu à des histoires de village englouti (par exemple le lac de Vouglans  dans le Jura, au fond duquel se trouve une ancienne abbaye), tout comme certaines très  anciennes habitations sur pilotis en bois, désormais au fond de certains lacs (je crois que le lac Léman en est un exemple), peuvent très bien constituer une « part de vérité »  à l’origine des nombreuses légendes de villages engloutis.

Ce texte peut très bien comporter des erreurs, mais il résume mes actuelles impressions sur le sujet.

PS: le « ‘lac des damnés «  est le titre que Marie –Hélène Delval donne à la légende du lac de Flers dans son ouvrage intitulé « contes et légendes de Normandie ». 

 

 


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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 14:13

 

 

 

Les livres de mythologie ne le mentionnent pas, mais Hercule ne buvait pas que de l’eau et du vin. Une légende de Languedoc-Roussillon en atteste.

Hercule

source image http://www.mythologie.ca/heros/hercule.html

Ce surhumain fils de Zeus et d’Alcmène revenait d’Espagne. Il venait d’accomplir l’épisode des boeufs de Géryon (allusion symbolique à l’élevage et à la transhumance). Hercule, pour rentrer en Grèce, venait de traverser les Pyrenées et empruntait le massif de la Gardiole,

Il marchait sur le territoire des  Volques Arécomiques (peuple gallo-romain local) quand Hélios (divinité du soleil) , jaloux des exploits herculéens, décida de l’embêter en déployant une chaleur solaire des plus caniculaires. Le célèbre surhomme ne faisait pas le poids face à la fatigue, l’essoullement et l’irrépréssible soif qui s’ensuivirent. Hercule se dirigeait tout droit vers la mer Méditerranée afin de se désaltérer au plus vite (bien que l’eau salée n’aurait sans doute pas étanché sa soif, mais bon, il s’agit d’une légende).

Une naiade (source image biencheznous.ch)

Selon la version relatée dans l’ouvrage de N.Lazzarini ( contes et légendes du Languedoc rousillon », ), heure de la sieste oblige, aucune âme vivant dans le coin ne porta secours à notre Hercule qui se désséchait. Il descendait vers la mer et tomba sur un cours d’eau. Une aguichante naîade se tenait là, fixant Hercule du regard en lui tendant un verre de nectar ambré. Supposant un piège le demi-dieu déclina l’insistante offre et continua son chemin en direction de l’étang d’Ingril qui pointait à l’horizon.

Vue sur l’Etang d’Ingril et Frontignan plage (étang très proche de Sète et de l’étang de Thau, lui aussi séparé de la mer par un minuscule pan de terre, le coin regorge de marais salants, canaux etc..)

Fichier:Étang d'ingril.JPG

(source image wikipédia)

Quelles que soient les versions de cette légende, Hércule, aux abords de cet ancien marais salant, cherchait plutôt toute amphore, outre ou récipient qui aurait enfin pu étancher sa soif. A l’entrée de la ville, les frontignanais proposèrent à Hercule de boire leur nectar local : le muscat. Le héros mythologique adorait cette boisson qu’il venait ainsi de découvrir. C’est ainsi qu’il écrasa la bouteille avec sa main, comme on presse un citron. Hercule ne voulait en effet pas perdre une seule goutte de ce breuvage.

La coutume locale  affirme que la forme torsadée de la bouteille de muscat de Frontignan vient de cet épisode légendaire qui ne précise pas dans quel état d’ébriété Hercule termina cette journée là (on imagine aisément…).

Hercule symbolisant les débuts de la civilisation avec l’avènement de l’agriculture ( animaux et fleuves domptés , cf article sur Achélous http://benoitreveur.over-blog.com/article-36240388.html  ), il me paraît naturel qu’un épisode de sa légende soit consacré à la vigne et aux breuvages alcoolisés. 

 

 

 

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 13:53

 

 

 

L’ondine de la rivière Nied est une légende nous venant de Lorraine, dans le pays de Nied  en Moselle.

Il est souvent dit que cette ondine  (sorte de « nymphe » aquatique sans queue de poisson) revient au mois de mars et amène avec elle le printemps .Elle quitte alors son palais qui se trouverait dans les eaux la Nied à la lisière d’une forêt.  Si le temps printanier tarde à venir, ces conditions météo sont considérées comme une arrivée tardive de l’ondine. Cette « sirène d’eau douce » commande divers êtres de l’eau et des bois : Sylvains, sylphes (qui l’aident dans sa toilette printanière) et sylphides (qui l’aident pour s’habiller) , brochets ou encore les six canards tractant la calèche aquatique de l’ondine… . Cette « nymphe » de la Nied vient au secours des oiseaux blessés au bord de l’eau par les tirs des chasseurs, elle fabrique des breuvages pour les guérir.   Si ses canards son blessés, elle peut toujours se faire ramener dans son palais par des brochets.

Diverses histoires sont associées à l’Ondine de la Nied.

    -Dans certaines (notamment une contée par Daniel Dubourg dans son ouvrage « contes et légendes de Moselle ») un oiseau se rend au château de l’Ondine afin de lui faire part des inquiétudes de tous au sujet du printemps tardif. Le printemps aurait alors été fait prisonnier par un monstre et serait retenu sous un tas de pierres. L’ondine est alors décrite comme ayant les cheveux roux (ce qui diffère des autres ondines) et, si je me souviens bien,  elle finit par  délivrer le printemps.

-Les conflits entre l’Ondine et les chasseurs sont fréquents. Les chasseurs attribuent à l’ondine la brume qui les fait rentrer bredouilles (brume dont elle se sert pour protéger ainsi les animaux).

- Cette ondine peut aussi se montrer vindicative avec les humains :

depuis qu’un chasseur lui a tiré dessus , pour se venger , il lui arrive de séduire et attirer un homme de passage et de tenter de le noyer.

dans une autre version l’opposant à un chasseur, l’ondine riposte en  lançant sur les hommes les eaux de la rivière en crue et elle appelle un brochet gigantesque sur le dos duquel elle retourne dans son palais.

Mais l’ondine de la Nied reste globalement considérée comme une bienfaitrice pour les gens de la Nied ainsi que pour la faune et la flore locale.

 

 

      biblio , contes et légendes de Lorraine " Lazzarini

 

 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 00:11

 

 

La « Tante Arie » est un personnage du folklore de Franche-comté. Elle combine à elle seule les caractéristiques du père noël et du père fouettard  (et autres « Hans Trapp.. comme ici http://benoitreveur.over-blog.com/article--hans-trapp-41709354.html).

Tante Arie est une vieille dame qui malgré tout conserve un visage éternellement jeune….  Selon certains elle serait une sorte de fée sans baguette magique…

Ses cadeaux sont sur son chariot, tiré par son âne, elle fait sa tournée de cadeaux le soir du 24 décembre et elle offre des bâtons de flagellation aux enfants méchants en guise d’avertissement. Mais elle peut également encourager les gens dans leurs initiatives diverses au cours de l’année (mardi gras etc..). Elle peut aussi rendre de discrets services aux gens faisant de leur mieux mais n’y parvenant pas (si tant est que leur but reste louable).

Le mystère demeure concernant son origine : ancienne fée venant du folklore antique des  séquanes qui peuplaient la région ? Ou souvenir d’une noble locale qui au 15ème siècle s’était montrée très juste avec les gens ?

(D’autres encore  la considèrent comme « dernière fille des druides »).

Pour la version médiévale un peu plus historique :

il s’agirait d’Henriette de Montfaucon-Montbéliard, seigneure d’Etobon, décédée en 1444. En souvenir de sa bonté, son départ chagrina le peuple, la légende voudrait qu’alors Dieu lui aurait confié la tâche de continuer à veiller sur les humains, en devenant cette « Tante Arie ». « Henriette » aurait alors donné en patois « Ariette », puis « Arie ».

Un petit tour sur google vous en dira bien davantage au sujet de cette Tante Arie (je vous laisse chercher par exemple la controverse sur l’emplacement exact de la présumée demeure de la tante Arie).

Je vous souhaite de joyeuses fêtes de noel et de fin d’année. 

 

biblio : mes habituels ouvrages de légendes de Franche comté (Seignolle, et celui moins connu de J Defrasne)

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 10:46

 

 

Il reste  plus d’une semaine avant Haloween. Voici toutefois cette histoire d’épouvante de la région PACA : la maison hantée de Caromb (dans le Comtat Venaissin). se nomme également « Pré-Fantasti ». Elle se situe à la sortie de Caromb, route de Malaucène.


le  domaine de la  Préfantasti de nos jours (source image http://www.ville-caromb.fr/visite-guidee/la-pre-fantasti  )

 Cette légende relate qu’en 1623 Mafféo Barberini devint le pape Urbain VIII.  Il avait trois neveux. Je ne sais pas si il faut voir là ou non  une intrigue historique façon « les Borgia », mais  deux des neveux devinrent alors cardinaux tandis que le troisième fut nommé prince de Palestine et préfet de Rome. Le supposé manque de discrétion de ces 2 nouveaux cardinaux (Antonio et Francesco Barberini) attira bientôt le discrédit sur leur oncle : ils auraient pratiqué alchimie et autres sciences occultes (chose gênante pour leur oncle pape).  

 Vers 1635 , ils furent donc envoyés, par leur oncle, dans une région éloignée, afin d’étouffer les rumeurs.  (Dans la version historique on apprend en revanche qu’il s’agirait de leur propre décision)  Les deux frères arrivèrent ainsi à Caromb, dans la demeure qui allait ensuite se nommer « préfantasti »

A en croire la légende, ils se lancèrent dans le commerce plus ou moins licite d’un « élixir de longévité « qu’ils pensaient avoir concocté. Mais l’un des deux eut un jour la sensation de se faire rouler par son associé alchimiste cardinal à qui il lança donc du vitriol en pleine figure.   Le malheureux défiguré  et brûlé agonisa des heures durant. Ce meurtre resta impuni par la loi.

Mais le fantôme de la victime revint chaque nuit rappeler sa présence à son meurtrier qui sombra dans la folie.   

 ,

Plus tard, en 1909,  cette propriété du préfantasti était à l’abandon depuis belle lurette.     Cette année là , en mars, Marius Jouve (un artiste et poète de la localité voisine nommée « Le Barroux ») se promenait du coté de Caromb.   Il découvrit , un peu à l’écart de la route, une vieille maison abandonnée ( en l’occurrence le Préfantasti).   Il ne restait plus que quelque pas à Marius avant de se retrouver face a l’entrée de cette vieille bâtisse qui l’intriguait. Mais sa curiosité ne fut jamais satisfaite car elle se trouva stoppée en un instant par un tir de projectile de feu et de plomb qui lui fit perdre instantanément la vie. Le tir venait d’un buisson alentour.

Certaines versions affirment que Jouve aurait été sur le point d’acheter le vieux bâtiment, d’autres encore expliquent qu’il y faisait une sieste quand il a été tué…

 En tous cas un  coupable « qui arrangeait pour tout le monde » fut désigné dans l’heure qui suivit l’assassinat. Toutefois de nombreuses personnes du coin restaient sceptiques au fond d‘elles mêmes : elles n’avaient pas toutes oublié la légende ancienne du fantôme de l’alchimiste défiguré, revenant certaines nuits hanter le Préfantasti en poussant d’affreux hurlements de douleur….. Beaucoup supposèrent que le projectile qui tua Jouve serait une pièce de plomb provenant du présumé laboratoire alchimique des deux frères cardinaux…. Alors vengeance d’outre tombe ou fait divers classé ?

Le fantôme  serait-il véritablement et forcément celui d’un des deux frères cardinaux ?

 (Sur le plan historique, les deux frères déménagèrent effectivement au pré-fantasti de Caromb, ils y séjournèrent environ 5 ans, mais ensuite Antonio Barberini devint évêque de Poitiers puis archevêque de Reims, tandis que Francesco son frère devint ensuite le fondateur d’une des plus grandes bibliothèques de Rome).

 Reste-t-on cependant libres d’imaginer dans ce cas qu’après le départ des frères Barberini, le Préfantasti fut repris par un / des alchimiste(s) ?

 Ou encore, le commerce de l’ »élixir de longue vie » leur ayant sans doute attiré la vindicte des guérisseurs locaux concurrents, l’alchimiste fantôme pourrait-il être un concurrent commercial local des frères Barberini ?

La légende ne précise pas non plus ce qu’il a pu advenir du supposé laboratoire alchimique abrité par le manoir du pré-fantasti….

J’ai cru comprendre que cette bâtisse aurait été construite au milieu du 16ème siècle, elle peut donc avoir renfermé d’autres histoires bien avant l’arrivée des frères Barberini.

Ce qui me semble certain, c’est que cette légende conserve encore de nombreuses zones de mystère…

Le terme « pré-fantasti «  vient du provençal « espirit fantasti » (« esprit fantastique » en français moderne)

André de Richaud parla amplement de cette maison hantée dans son ouvrage « la barette rouge «    (davantage d’infos sur le site de Caromb, cf lien ci-dessus)

Visite vidéo de l’intérieur de la maison hantée de Caromb http://www.dailymotion.com/video/x3077k_la-maison-hante-la-pre-fantasti_travel    

D’autres info sur l’historique de la famille  Barberini (et quelques autres détails historiques sur leurs années à Caromb) http://jean.gallian.free.fr/carb2/ch14.html

 

Biblio : "contes et légendes de Provence", N lazzarini

 

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  • : bienvenus sur ce blog dédié aux mythes, contes et légendes classiques mais aussi à la fantasy et à la science fiction (notamment contes de SF et suites futuristes de légendes, dans mon livre "Les mémoires du galaxytime").
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