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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 20:30




Cette légende nous vient de la Manche, du coté de Gréville.

Un soir d’hiver quelques villageois normands étaient attablés lors d’une veillée chez Jean Des Domaines.

Arriva un invité : jacques Leveillé, qui alla aussitôt se sécher auprès du feu. Il dit : « c’est un temps à ne pas mettre un chien dehors, tiens en parlant de chien, on ne voit pas Nerchibot ce soir, il est où ? « 

-« non pas encore, mais peut –être viendra-t-il ce soir » répondit Jean

 

Les convives se mirent à parler de ce chien qui avait en quelque sorte élu domicile depuis peu chez Jean Des Domaines, les spéculations allaient bon train en ce qui concerne la provenance de ce chien.

 

Une des servantes du Maistre Jean Des Domaines , expliqua :

« si ça se trouve ce chien c’est un goublin (=gobelin) et peut être vient-il ici pour nous avertir qu’un trésor est caché sous la maison… »

Le goublin est propre à la région normande, et c’était de circonstance de le citer : de nombreuses maisons et châteaux pensaient qu’un gobelin en hantait les murs, pour garder un trésor. Le goublin est un être farceur, parfois méchant, mais du moins taquin. Cela n’allait pas laisser les autres convives indifférents d’évoquer cette créature omniprésente dans les anciennes légendes normandes : le goublin aime faire peur aux gens et leur jouer des tours en se transformant en chat noir qui fait semblant de se laisser amadouer, ou encore en cheval blanc pour mieux faire tomber son cavalier, ou encore sous forme de chien ou de géant….. Généralement le goublin apparaît pour indiquer que cent ans plus tôt un trésor avait été enfoui sous la maison sur laquelle il vient de jeter son dévolu.

Jean répondit :

 « ma foi , ce chien m’a l’air trop affamé, trop craintif, et trop triste pour être un goublin, ce chien abandonné me fait pitié ».

 

« Tiens le voilà » poursuivit maistre Jean lorsque le chien fit son entrée dans la maison.

Avant d’aller se sécher au coin du feu le pauvre chien abandonné s’approcha de Jean en secouant sa queue (sans doute appréciait il le fait que Jean Des Domaines l’avait pris en pitié et lui donnait à manger)

Jacques Levéillé lança : « c’est bizarre, le regard de ce chien me rappelle pourtant quelqu’un, mais je ne me souviens plus qui, je serais vous je lui ferais un test pour être sur que c’est vraiment un chien »

 

Il poursuivit : » et ben vous savez quoi :  un jour ma mère elle

faisait sa lessive, et cinq chats de toutes les couleurs sont tombés par la cheminée. Elle les a laissé se réchauffer à la cheminée, ils étaient contents d’enfin pouvoir se réchauffer, ils ronronnaient ; Et ma mère qui commençait à se demander si ces chats étaient des goublins qui lui indiquaient un trésor dans la maison. Mais la Marie, tu sais, Bonin , la servante qui lavait le linge, et ben pour tester e’ leur a jeté d’l’eau bouillante en plein su’ leur dos , bah oui elle croyait que c’était des goublins ou des sorciers, en tous cas on a jamais su : les chats sont partis en pleurant , y sont jamais rev’nus , mais ce qui est bizarre c’est que le lendemain y avait quat’ ou cinq gars du village qu’avaient le dos brulé et

 on a jamais su comment qu’ y c’étaient fait ça ,,, c’est bizarre hein ? « 

 

Une servante répondit « ah mais ça mon gars , y’a des herbes on les mange et ben on se transforme en bestiole hein : y avait un gars à Flamanville comme ça, y se transformait en mouton hein et pîs après il allait sur  les falaises ».  

 

Tout le monde écoutait ces récits avec attention, y compris le chien qui donnait l’impression de comprendre.

Jacques dit : « mais non c’est des histoires pour faire peur aux gens tout ça, moi j’y crois pas, allez la pluie a fini de tomber je me rentre chez moi »

Un léger brouhaha se fit naissant parmi l’assemblée qui disait en somme « t’y crois toi ? tu crois qu’c’est vrai ? , bah peut être que oui , peut-être que non… »

 

Après le départ de Jacques, les servantes allèrent se coucher, et les autres convives aussi, il ne restait plus que Jean des Domaines et le chien Nerchibot.

Jean dit au chien –

« allons mon brave, je t’ai donné à manger mais je peux pas te garder, tu dois partir ».

 Mais le chien restait et conservait un ton suppliant, refusant d’obtempérer, c’est alors qu’impatient, jean donna un coup de pied dans le chien pour le chasser. Le chien se mit alors à parler : « ne me chassez pas père, ayez pitié de moi »

 

Jean était abasourdi de voir que ce chien parlait comme un humain.

« Mais oui, je suis François, votre fils » ajouta le chien

« C’est impossible , François est au monastère pour étudier le latin » rétorqua jean.

 

Le chien poursuivit : « c’est pourtant bien moi : un jour le père supérieur était parti, j’en ai profité pour entrer dans sa bibliothèque et j’ai trouvé des grimoires, il y avait un grimoire de déjà ouvert sur son bureau , je l’ai pris et je l’ai lu, mais je me suis soudainement transformé en chien.  Et depuis je suis devenu chien errant »

 

Jean Des Domaines répondit » : « et que faut-il faire pour que tu redeviennes humain » ?

 

-« c’est simple :  quelqu'un quoi ‘ délire ‘  le passage que j’ai lu, donc le lire mais à l’envers » expliqua le chien il précisa qu’il avait laissé le livre ouvert à cette page là en partant.

 

Jean demanda : « mais si entretemps quelqu’un à refermé le livre magique et que celui qui « délit » se trompe de passage ? «  

-« ah ça pourrait à son tour le transformer en animal, c’est pour ça qu’il faut y aller à deux : si le premier lecteur se transforme en animal , le deuxième délit aussitôt le passage pour lui rendre sa forme humaine » expliqua le chien  (NB dans certaines versions, à vérifier mais je crois qu’ ils semblerait que lire ou délire le mauvais passage puisse également emmener le lecteur directement dans le plan des démons, c’est à dire en enfer , ou encore le changer en démon)

 

Jean promit au chien d’aller au monastère, entre-temps il confia la garde du chien à sa femme sans rien lui dire, Jean Des Domaines alla au monastère et expliqua la chose au père supérieur qui se montra coopératif et compréhensif

 

C’est ainsi que Le chien/François reprit son apparence humaine. Jean Des Domaines, content d’avoir ainsi retrouvé son fils, fut désormais très accueillant et hospitalier envers tout chien qui se présentait à lui (desfois que ce soit un autre humain lui aussi transformé en chien)

 

 

Fin de l’histoire.

 

 source : "contes et légendes de Normandie" par MH Delval

 

 Sur ce lien ci  http://www.unblogreveur.net/article-30352700.html     ,Un autre conte normand,  sympa pour Noel et inspiré du mythe grec d’Eros et Psyché  (une image illustrant ce conte, ici :    http://www.unblogreveur.net/article-30630371.html  )

 

La version normande/cotentine du « corps sans ame », ici : http://www.unblogreveur.net/article--le-corps-sans-ame-37674916.html 

NB : le corps sans ame fait partie de ces contes qu’on retrouve dans un peu toutes les régiosn de France sous des formes et versions diverses.

 

 

 

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Published by Benoitreveur - dans Légendes
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