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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 15:38

 

 

 

Il s’agit du deuxième des douze travaux d’Hercule/Héraklès.

Après avoir vaincu le lion de Némée (cf http://www.benoitreveur.info/article-hercule-et-le-lion-de-nemee-123397857.html ), Hercule utilisait désormais la peau du fauve en guise de vêtement et d’armure. Cela le rendait plus difficilement vulnérable. Toutefois Hercule/Heraklès n’était pas au bout de ses peines. 

Les douze travaux d’Hercule, épisode deux : l’hydre de Lerne (résumé)


Eurysthée envoya ensuite Hercule tuer l’hydre de Lerne. La créature serait fille d’Echidna et de Typhon. Elle semait la terreur dans le marais de Lerne. Il s’agissait d’un reptile aux multiples têtes serpentines. Le nombre de têtes varie selon les versions. (8 , 9 , 7 , etc) . Cette hydre crachait un venin mortel.  Elle s’attaquait entre autres au bétail des environs.

Hercule et son neveu Ioalos/Iolas se rendirent dans le marais afin d’affronter l’hydre.

Selon certaines versions Hercule aurait utilisé des flèches enflammées. En tous cas toutes les versions s‘accordent à dire que deux ou plusieurs  têtes de la bête repoussaient dès qu’Hercule tranchait une des têtes du monstre.   Pendant ce dur combat Héra envoya du renfort pour affronter Hercule :  un monstre crabe /cancer/cancre/écrevisse (géant  ou simple crustacé de taille normale qui lui pinçait, ou piquait les pieds ? Ce point peu clair semble varier selon les versions. Le dictionnaire de Belfiore affirme qu’il s’agirait un monstre géant nommé Carcinos, crabe, écrevisse ou scorpion). Hercule triompha de ce crustacé crabe/cancer/cancre/écrevisse, puis reçut l’assistance de Ioalos/Iolas qui amena une torche enflammée. (Le dictionnaire de Belfiore indique que la déesse Athéna conseilla alors à Héraklés de recourir au soutien  de son neveu Iolas/Iolaos ) .  Il brûla les plaies venant des têtes coupées sur le corps de l’hydre (sur les plaies des cous de l’hydre) : cela empêchait une repousse des têtes sectionnées.   Hercule finit  ainsi par trancher toutes les têtes (les unes après les autres semble-t-il selon certains).

La version rapportée par Commelin  relate qu’Hercule/Herakles aurait fait sauter toutes les têtes de l’hydre en un seul coup : un vrai « strike » de la décapitation !

Selon Catherine Salles il était autrefois considéré que le marais de Lerne ne présenterait pas de fond :  ses profondeurs aquatiques mèneraient directement aux enfers.

Selon Appolodore une des têtes de l’hydre était immortelle. (relaté également dans la version résumée par Edith Hamilton et celle du dico de J Schmidt).   Dans certaines versions Hercule cache cette tête immortelle sous un rocher, une fois le monstre totalement décapité. Dans le Larousse de Belfiore on apprend que cette tête immortelle serait la tête centrale du monstre.

 


Un exploit en demi teinte ?

Selon certaines versions Eurysthée  refusa de valider l’exploit, Hercule s’étant fait aider pour le réaliser.

De plus , certaines sources  (notamment C Salles)  rappellent qu’Hercule commençait alors à creuser son tombeau sans le savoir : il imprégna ses flèches du poison de l’hydre vaincue. Hercule ne se doutait pas que ce même poison causerait un jour sa perte (cf l’épisode ultérieur avec Déjanire et le centaure Nessos).


Explications du mythe

Certains pensent que les multiples têtes coupées remplacées aussitôt par deux ou plusieurs nouvelles têtes qui poussent symboliseraient en fait un assaillant dont les troupes et les tirs de flèches seraient sans cesse renouvelés. On peut noter également le rôle joué ici par le feu. Voici un extrait expliquant :

 « Dans une autre, les cités environnantes de Mycènes étaient soumises à Eurysthée, sauf une : Lerne, gouvernée par un roi du même nom. La seconde tâche d'Héraclès consista à soumettre cette ville et à détruire une citadelle nommée « Hydre » gardée jour et nuit par cinquante archers postés au sommet d'une tour. La tour fut assaillie et, à chaque fois qu'un archer était abattu, deux autres venaient le remplacer. Le roi Lerne fit appel à l'armée d'un mercenaire carien nommé Crabe dans le but de renforcer ses lignes. Héraclès fit de même avec l'aide de Iolaos, venu avec des renforts thébains. La tour fut incendiée et l'armée de Lerne anéantie. « 

Source extrait : http://www.dark-stories.com/monstre_hydre_de_lerne.htm

Catherine Salles (dans son ouvrage « la mythologie grecque et romaine »)  explique que selon les écoles évhéméristes l’hydre de Lerne symboliserait un travail d’assèchement du marais de Lerne aux ramifications multiples,   la pénibilité de la tache résidant dans la multiplicité des sources  jaillissant ça et là dans le marais (comme les têtes du monstre qui repoussent). Elle explique ensuite que la cautérisation des têtes coupées du monstre correspondrait à l’irrigation visant à assécher le marais

Belfiore (dans son dictionnaire Larousse de mythologie)  explique qu’il existait un culte solaire d’Héraklès. Son dictionnaire mythologique mentionne le fait que chacun des douze travaux correspondrait plus ou moins à la victoire du soleil sur un autre élément.

Bibilographie :

Commelin « mythologie grecque et romaine » (éditions Pocket)

Catherine Salles : « la mythologie grecque et romaine «  (éditions Pluriel)

Le dictionnaire Larousse de mythologie de Belfiore

Edith Hamilton « la mythologie : ses dieux , ses héros , ses légendes » (ed. Marabout)
Joel Schmidt : « dictionnaire de mythologie grecque et romaine »

 

Le crabe/cancer 

Dans la version de l’ouvrage de Commelin il s’agit d’un cancre marin que Junon/Héra envoya contre Hercule au moment de son combat contre l’hydre de Lerne. Cette créature était nommée tantôt écrevisse tantôt cancer (ou parfois Carcinos). Une fois que cette créature fut tuée, Héra la plaça dans les constellations du zodiaque. De là viendrait le signe astrologique du cancer.

On trouverait parfois une version un peu différente du cancer dont un extrait explique :

« Dans la mythologie grecque, il s'agissait d'un petit crabe ami de l'Hydre et, qui dans son combat avec Hercule, fut écrasé. Il sera ressuscité par Poséidon en monstre géant pour servir son armée. Pour ses efforts, à sa mort il fut envoyé par Héra dans la voûte céleste pour briller éternellement. » (source extrait http://fr.wikipedia.org/wiki/Cancer_(astrologie )

Il semblerait que le Tétrabiblos de Ptolémée explique que le signe zodiacal du lion serait lié au soleil   et le cancer à la lune.

J’avais plus ou moins évoqué dans une fiction futuriste  (ici  http://www.benoitreveur.info/article-le-fantome-du-g-i-normand-legende-du-24eme-siecle-123828842.html  ) certains aspects du thème de la créature cancer/crabe.

 

L’hydre et autres créatures aux têtes multiples

L’hydre présente évidemment des similitudes avec la bête de l’apocalypse. Cette dernière ressemble étrangement à certaines créatures (cornues ou non) de diverses légendes nommées « bête Faramine » (notamment dans la région Poitou).  On retrouve, dans de nombreux contes et légendes,  des créatures similaires à 7 ou 9 têtes ( par exemple dans certains contes du Midi de la France, notamment dans certaines versions de « Jean de ‘L’ours » http://www.benoitreveur.info/article--conte-provencal-jean-de-l-ours-fin--40349566.html  ).  Amélie Bosquet établit, au 19ème siècle ,  un lien explicite entre le dragon de Villedieu version « pluricéphale «   (http://www.benoitreveur.info/article-legende-normande-le-dragon-de-villedieu-86388873.html ) et  l’hydre  de Lerne, en n’oubliant pas de mentionner  explicitement Hercule plusieurs fois dans sa version de la légende.    J’avais écrit ici  http://www.benoitreveur.info/article-la-nouvelle-bete-aux-sept-tetes-26eme-siecle-123525456.html  un récit futuriste sur le thème des légendes de  créatures reptiliennes « pluricéphales ».

L’immortalité dans certaines versions de  l’hydre de Lerne semble avoir été reprise par les bestiaires chrétiens de l’antiquité  (physiologos) et du moyen –âge (notamment  chez Pierre de Beauvais), faisant de l’hydre une créature déchirant les entrailles du crocodile après s’être faite avaler par ce dernier, l’hydre sortant ensuite vivante du corps du crocodile ainsi terrassé. Pour Pierre de Beauvais le ventre du crocodile symboliserait les enfers et l ‘hydre serait le Christ revenu et ressuscité  après une descente aux enfers.  Dans le physiologos un animal nommé enhydros s’enduit de boue et dévore les entrailles du crocodile (ce qui inspira Pierre de Beauvais). Dans son commentaire du physiologos,  Arnaud Zucker rappelle que Philippe de Thaon estime que l’enhydra est Dieu. Zucker explique que cette allégorie chrétienne de l’hydre symbolise la victoire du Christ sur la mort (le thème est d’ailleurs repris, avec la même créature , parfois nommée « mangouste », dans le chapitre « ichneumon » du physiologos).


Ma tentative d’analyse :

Il revient à chacun(e) de voir quelles peuvent être les similitudes entre  la symbolique (et l’aspect physique)  de cette hydre et  du « serpent de Koshi »   ….. 

De manière générale peut-on voir (dans bien des domaines) l’hydre de Lerne comme un symbole de l’individu qui se disperse ou se fourvoie en  accumulant les illusions et erreurs (les multiples têtes qui repoussent sans cesse, en nombre croissant) au lieu d’aller à l’essentiel ( que ce soit s’attaquer à la seule tête immortelle de l’hydre ou attaquer toutes les têtes d’un coup) ?

Une des têtes de l’hydre bénéficiant d’immortalité (dans certaines versions), peut-on en déduire que l’hydre reviendra toujours tôt ou tard après sa défaite ? 

Je me demande si la victoire d’Hercule (vêtu de peau de ..lion, lié à des cultes solaires) l’emportant  sur ce crabe/Cancer pourrait symboliser le triomphe du soleil sur la lune , le passage de la nuit au jour, le soleil asséchant le marécage.

L’interprétation évoquée par Catherine Salles me semble pouvoir correspondre aux symboliques  civilisatrices d Hercule : aménagement du territoire par assèchement du marais, travail d’irrigation (l’homme qui utilise la nature selon ses besoins).

Je présume que « Carcinos » (possible  origine de « carcinome » ? )  n’est pas un choix lexical innocent pour nommer cette créature cancer/crabe…

 

Au cinéma

Le genre « péplum «  a autrefois présenté certains éléments de mythes anciens, en prenant parfois quelques libertés par rapport aux mythes.    Dans le film « jason et les argonautes «  (1963) nous pouvons voir une hydre en « carton pâte ».    Je n’ai jamais visionné les films dans lesquels Steeve Reeves incarnait Hercule.

Le genre péplum étant en plein revival depuis « Gladiator » et « Troie » , je suis peu surpris de voir que le thème des douze travaux  figurera bientôt sur grand écran.

En août prochain sortira au cinéma « Hercule », réalisé par Brett Ratner.    La bande annonce du film  (ici https://www.youtube.com/watch?v=pGM_ISHanAg )  nous montre entre autres le lion de Nemée, l’hydre de Lerne et…le sanglier d’ Erymanthe !!!  Au vu du synopsis et de la bande annonce il s’agira vraisemblablement d’une fiction librement inspirée du mythe. On peut noter la présence de Ian mac Shane (remarquable dans « Deadwood » et dans « les piliers de la terre »).  Hercule sera incarné par le catcheur  et acteur Dwayne Johnson  (alias « the Rock »).  

Voici un copié collé du synopsis du film tel que trouvable sur allociné : 

« Mi-homme mi-légende, Hercule prend la tête d’un groupe de mercenaires pour mettre un terme à la sanglante guerre civile qui sévit au royaume de Thrace et replacer le roi légitime sur le trône. Âme tourmentée depuis la naissance, Hercule a la force d’un dieu mais ressent aussi les peines et les souffrances d’un mortel.
Sa puissance légendaire sera mise à l’épreuve par des forces obscures. » (source  : allociné.fr)

Wikipédia nous apprend que le film sera inspiré de la BD « Hercule : Les Guerres thraces « , de Steve Moore et Admira Mijaya.

 

 Ci-dessous Hercule face à l’hydre de Lerne  Source web missiontice.ac-besancon.fr

 

 

hydre-de-lerne2.jpg

 

 

 


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Published by Benoitreveur - dans Mythes
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