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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 12:23





                         

« Le prince à la tête de singe » ou "pays des margriettes" est un conte classique du terroir normand. A ma connaissance, cette histoire a fait l’objet d’au moins une adaptation théâtrale peu médiatisée.

 

LE CONTE

 

 

Une malédiction lourde à porter :

Il était une fois , dans la région de Carentan ,un roi et une reine qui eurent bien du mal pour avoir enfin un enfant. Les parents, fous de joie, invitèrent toutes les fées locales au baptême du bébé nommé Raoul. Mais ils oublièrent d’inviter la fée des Margriettes (l'intendant avait omis sur la liste d'invitations le nom de la fée qui n'est autre que .... Mélusine). La fée contrariée et vindicative se rendit à la fin de cet office religieux, elle pointa le berceau avec sa baguette et déclara que l’enfant aura donc un visage humain la nuit, mais un visage de singe aux heures diurnes. Elle ajouta que cette malédiction sera brisée quinze jours après son mariage. Mais elle précisa enfin que si quelqu’un découvrait son visage humain avant cette échéance, le prince appartiendrait dès lors à cette revancharde fée des Margriettes. Sur ce, elle disparut. ("margriette" est un terme désignant, je crois) les marguerites). 

 

 

La jeunesse du prince :

 

Les années passèrent, le prince Raoul grandissait, ses parents l’aimaient, son amabilité et son intelligence compensaient tant bien que mal ce visage simiesque si difficile à porter.

Quand il eut l’âge requis, ses parents voulurent le marier dans le but de mettre fin à ce mauvais sort (la malédiction annoncée par la fée voulait que le prince retrouverait son visage humain seulement 15 jours aprèes ses noces et pas avant). Le prince pensait que son apparence dégoûterait toutes les filles du royaume. Mais le père voulut essayer coûte que coûte.

 

La « scène de l’orange » :

 

Le roi donna une orange à son fils. Le prince devait juste donner ce fruit à la fille qu’il choisirait parmi toutes les filles du royaume à qui le père avait ordonné de venir au château. Après avoir dévisagé toutes ces filles , le prince sentait bien que sa tête de singe induisait un malaise teinté de peur et de gêne chez ces filles. Et le prince ne voulait surtout pas épouser une femme qui aurait été forcée. Il quitte donc la salle sans donner l’orange à personne, et partit s’isoler dans sa chambre.

Mais les gardes firent venir une fille qui traînait près du puits : une fille de cuisine (ou bergère, selon les versions) qui n’avait pas eu connaissance de cette convocation du roi (certaines versions du conte la prénnomment Fanchon). Elle  fut donc présentée au prince, elle portait des habits misérables, son visage était couvert de suie, mais si l’on en faisait abstraction : elle était visiblement jolie.

Elle regarda le prince à tête de singe avec gentillesse et sans aucune crainte, le prince sut immédiatement que «c’est elle » : il lui tendit l’orange qu’elle accepta et il l’épousa.

 

La désormais princesse fut nettoyée et vêtue richement (elle fut pour cela confiée aux servantes de la reine qui lui firent un relooking complet), elle fila le parfait amour avec le prince, rien ne vint assombrir ce cadre parfait pour eux.

 

 

 

La face cachée de la nuit :

 

Mais la princesse crut déceler que la nuit quelque chose changeait chez son mari. Ne pouvant résister à cette dévorante curiosité, lors du troisième jour de doute, elle profita du sommeil du prince pour allumer une bougie et se pencher au dessus de son visage. Elle fut alors stupéfaite de voir que le prince avait un visage humain d’une grande beauté !!!!

Mais une goutte de cire chaude glissa de la bougie et vint ainsi réveiller le prince. Il devint désemparé et expliqua à sa femme qu’il ne lui restait plus que douze jours avant d’être délivré : « ta curiosité fait que j’appartiens désormais à la fée des Margriettes » lui expliqua-t-il. La fée apparut alors, et elle emmèna le prince avec elle dans un tourbillon.

La fille se retrouva alors seule et bien triste…

 

Les errances d’une princesse déchue :

 

Apprenant cette notoire nouvelle, le roi et la reine étaient furieux après la fille et lui ordonnèrent de quitter le palais. Errant pendant des jours dans la campagne, seule et désoeuvrée, elle reprit peu à peu le courage dont elle aurait besoin pour aller retrouver son mari et l’arracher du joug   de la fée des Margriettes.

Seulement voilà : elle ne savait pas quel chemin emprunter.

Elle aborda donc une très vieille femme se tenant au seuil de sa porte et lui demanda si, elle qui était si vieille et devait donc connaître bien des choses, pourrait lui indiquer l’emplacement du pays des Margriettes.

La vieille ne savait pas , mais elle lui donna trois amandes et lui dit qu’elle pourra casser une amande et faire un vœu si elle se retrouvait en danger.(Dans d'autres versions, elle croisa alors trois fées qui lui remirent troix noix magiques).

La jeune fille poursuivit sa route à travers la forêt, mais elle croisa soudain une bande de brigands. Ces derniers,  croyant sentir un riche butin potentiel, capturèrent la fille.

 

A la moitié de la nuit, quand les bandits dormaient, la fille cassa une amande/noix et fit le vœu de se retrouver téléportée de l’autre coté de la forêt. Aussitôt dit aussitôt fait : elle était dans la foret, libre et elle aperçut une lumière provenant d’une maison. Elle frappa à la porte et demanda à la très vieille femme venant lui ouvrir si , elle (qui était si vieille et qui devait savoir bien des choses, encore une fois..) savait où se trouve le pays des Margriettes.  Elle ne savait pas non plus, mais son cochon , lui, s’y rendait certaines nuits : certains matins elle trouvait sous ses sabots des herbes poussant uniquement au pays des Margriettes.

La fille passa donc la nuit suivante dans la paille, aux cotés du cochon.  A la tombée de la nuit le cochon s’en alla, elle le suivit : elle arriva ainsi au pays des Margriettes.

 

 

Le pays des Margriettes et le dénouement :

 

La jeune femme arriva face à une splendide château : dans la cour des valets habillés d’or et d’argent s’affairaient en tenant des torches, des plumes flottaient partout dans l’air , mêlées à une forte odeur de feu : un festin doit se préparer, peut-être.

Pour en avoir le coeur net , elle demanda à une enfant s’occupant des oies. L’enfant confirma : il s’agissait du mariage de la fille de la fée des Margriettes avec un jeune prince très beau et très triste.fanchon se trouvait donc désormais devant le château des margriettes. 

Fanchon avait donc retrouvé la trace de son prince, et elle échangea aussitôt ses habits de princesse avec les guenilles de l’enfant, elle se salit le visage avec de la terre, et partit frapper aux portes des cuisines afin d’être embauchée : elle fut acceptée pour laver les cuisines et la vaisselle, les responsabels d ela cuisine ne voulaient pas refuser en un tel jour une occasion pour une fille sasn fortune de se faire un peu d'argent. Elle apprit ainsi que le mariage devait avoir lieu dans deux jours. Elle réalisa alors que ce même jour coïnciderait avec le quinzième jour suivant son mariage à elle.Les versions varient concernant l'usage que Fanchon fit de la deuxième amande/noix: 

 

1° a nuit suivante elle cassa la deuxième amande pour se retrouver immédiatement dans la chambre du prince. Le lit était caché par des rideaux. Elle tira les rideaux, et reconnut son prince qui dormait et se réveilla aussitôt.

2° Dans d'autres versions Fanchon qui travaillait dans les cuisines alla faire un tour dans le parc du château, c'est alors qu'elle croisa Raoul, avec son visage humain. (En plein jour , ce qui sous entend que les noces de raoul avec la fille de Mélusine ont donc eu lieu dans cette version là). Fanchon réflechit et se servita alors des noix que lui avaient donné les trois  fées, elle jeta les noix au sol et il en sortit un imposant et luxueeux rouet (un "tro) serti de diamants et d'escarboucles). Elle venait de trouver une stratégie pour approcher le prince: elle croisa la fille de mélusine qui convoitait ce rouet/tro (sans doute en raison des diamants et des supposés pouvoirs de l'escabourcle). Fanchon répondit "d'accord mais a condition que je puisse passer une nuit avec le prince". 

 

Toujours est il que Fanchon se retrouva donc dans la chambre du prince. 

Fous de joie ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre. Le prince lui avoua redouter l’échéance proche de son mariage forcé avec la fille de la fée.

La princesse le rassura alors en cassant la dernière amande : ni une ni deux ils se retrouvèrent dans le palais de leur pays d’origine.  le couple princier triompha ainsi de la fée des Margriettes.

 

Le roi céda bientôt le trône à son fils. Ce dernier, définitivement  libéré de cette terrible malédiction, passa le reste de sa longue vie heureux  avec sa courageuse épouse. (les parents du prince lui avaient pardonné, évidemment)

 

Fin du conte

 

 Mes sources que j'ai compilées pour tenter de réécrire ce conte dans cet article: 

 

"Contes et légendes de Normandie" (Marie-Hélène Delval)

 

"Contes et légendes de Basse Normandie" (Henry Panéel)

 

et http://www.bmlisieux.com/normandie/contes02.htm


 

 

 

 

 

 

 

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Published by Benoitreveur - dans Contes
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